L'Alabama vote la loi la plus répressive des Etats-Unis sur l'avortement

©REUTERS

L'avortement est désormais quasi interdit en Alabama, même en cas de viol ou d'inceste. Des peines d'emprisonnement à vie sont également prévues pour les médecins pratiquant l'IVG.

Le Sénat de l'Etat de l'Alabama a adopté ce mardi le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l'avortement, avec une interdiction quasi totale de l'IVG. Même dans des cas de viol ou d'inceste, l'avortement est désormais interdit dans cet Etat, qui prévoit des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Le texte a été transmis par le Sénat majoritairement républicain au cabinet de la gouverneure républicaine de l'Etat, Kay Ivy. S'il est approuvé, il pourrait contribuer à déclencher une bataille judiciaire susceptible d'aller en Cour suprême, but avoué des opposants à l'avortement.

Deux exceptions

Le texte prévoit que les médecins pratiquant l'avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus.

"Ce texte punit les victimes de viol et d'inceste en les privant encore plus du droit à disposer de leur propre corps et en les obligeant à donner naissance", selon l'ACLU, la puissante organisation de défense des droits civiques, qui a déjà fait savoir qu'elle saisirait la justice pour empêcher l'application de ce texte.

L'organisation féministe américaine National Organization for Women a de son côté qualifié la loi d'"inconstitutionnelle". Elle estime que sa mise en application "renverrait les femmes de l'Etat aux jours noirs durant lesquels les parlementaires contrôlaient leur corps, leur santé et leur vie".

300 nouvelles règles depuis le début de l'année

Depuis le début de l'année, 28 des 50 Etats américains ont mis en place plus de 300 nouvelles règles afin de limiter l'accès à l'IVG, selon l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'avortement. Par exemple, la Géorgie a adopté début mai une loi qui interdit l'avortement dès que les battements du coeur du foetus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse.

Des textes similaires adoptés dans le Kentucky et le Mississippi ont été bloqués par des tribunaux et il est probable que la loi de Géorgie connaisse le même sort. Des mesures comparables sont en passe d'être adoptées dans l'Ohio, le Missouri et le Tennessee.

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