L'ambassadeur américain auprès de l'UE dit avoir suivi les "ordres" de Trump sur l'Ukraine

Gordon Sondland ©REUTERS

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a déclaré ce mercredi avoir suivi les "ordres" de Donald Trump dans le dossier ukrainien, lors d'une audition publique au Congrès dans l'enquête en destitution qui menace le président. Il a également précisé n'avoir jamais entendu Trump conditionner l'aide à l'Ukraine aux enquêtes politiques.

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, témoin clé de l'enquête préalable à une éventuelle procédure de destitution de Donald Trump, a déclaré ce mercredi avoir collaboré avec Rudy Giuliani, avocat personnel du président, sur les ordres de ce dernier, dans l'affaire ukrainienne. Lors d'une audition publique devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Gordon Sondland a déclaré que les instructions de Rudy Giuliani "reflétaient les désirs et les requêtes du président Trump".

"Le président Trump ne m'a jamais dit directement que l'aide était conditionnée."
Gordon Sondland

Dans un document rédigé en vue de son audition, il précise que l'avocat a demandé au président ukrainien Volodimir Zelenski d'obtenir l'ouverture d'une enquête susceptible de favoriser la réélection de Donald Trump, en lui promettant qu'il serait reçu à la Maison blanche. "Y avait-il une contrepartie ? Comme je l'ai dit précédemment, en ce qui concerne l'appel de la Maison-Blanche et la réunion à la Maison-Blanche, la réponse est oui", dit George Sondland, contredisant le principal axe de défense de Trump.

Il a toutefois également précisé ne "jamais" avoir entendu Donald Trump conditionner une aide militaire destinée à l'Ukraine à l'ouverture d'enquêtes sur ses rivaux politiques. "Le président Trump ne m'a jamais dit directement que l'aide était conditionnée" à l'annonce de l'ouverture d'une enquête, a déclaré le diplomate. Mais "c'était clair pour tout le monde qu'il y avait un lien", a-t-il ajouté. Sondland, qui a reconnu avoir exprimé ce "donnant-donnant" aux Ukrainiens, a expliqué l'avoir fait sur la base de sa "propre déduction" en partant du principe que "deux plus deux font quatre".

"Cette Chasse aux Sorcières doit cesser MAINTENANT. (C'est) si nocif pour notre pays!", a tweeté le président américain en réponse à cette audition.

L'enquête de la Chambre des représentants, où le Parti démocrate est majoritaire, porte principalement sur une conversation téléphonique du 25 juillet au cours de laquelle Donald Trump a lui aussi tenté de persuader son homologue ukrainien d'ordonner au parquet l'ouverture d'une enquête sur Hunter Biden, fils de l'ancien vice-président Joe Biden, qui siégeait au conseil d'administration d'une compagnie d'énergie ukrainienne.

"Tout le monde était au courant. Ce n'était pas un secret."
Gordon Sondland

Joe Biden fait partie des favoris de la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020. Les élus démocrates soupçonnent en outre le président des Etats-Unis d'avoir cherché à faire pression sur Zelenski en suspendant une aide militaire de 391 millions de dollars.

Alors que d'autres témoins déjà entendus ont accusé l'ambassadeur de faire partie d'un canal diplomatique parallèle, Sondland a en revanche déclaré lors de son audition que les hauts fonctionnaires du conseil de sécurité nationale et du département d'Etat étaient pour la plupart informés. "Tout le monde était au courant. Ce n'était pas un secret", a-t-il ajouté.

"Je pense que nous savons maintenant que ce stratagème était très largement connu, notamment du secrétaire d'État Pompeo et vice-président" Mike Pence, a déclaré Adam Schiff, président démocrate de la commission du Renseignement, qualifiant le témoignage de Sondland de "moment très important dans l'histoire de cette enquête".

L'enquête pourrait amener la Chambre à mettre formellement Donald Trump en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution qui seraient transmise au Sénat. Pour aboutir, elle devrait approuvée à la majorité des deux tiers, ce que Mitch McConnell, "speaker" de la chambre haute, a jugé mardi "inconcevable".

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