L'ancien conseiller de Trump Paul Manafort condamné à 7,5 ans de prison

©REUTERS

L'ex-directeur de campagne du président américain a été condamné à 43 mois de prison supplémentaires en plus de la peine de 47 mois écopée la semaine dernière.

Après une peine de 47 mois de prison la semaine dernière pour des crimes financiers, Paul Manafort vient d'être condamné à 43 mois de prison supplémentaires, soit sept ans et demi au total, pour conspiration contre les Etats-Unis (un chef d'accusation large couvrant des faits allant du blanchiment d'argent à des activités de consultant politique non déclarées) et entrave à la justice par subornation de témoin.

"Dire 'je suis désolé d'avoir été attrapé', ce n'est pas un bon moyen d'obtenir la clémence."
Amy Berman Jackson
Juge du tribunal fédéral de Washington

L'ancien lobbyiste de 69 ans n'est "ni l'ennemi public numéro un ni une victime", a déclaré la juge Amy Berman Jackson, du tribunal fédéral de Washington, en justifiant la sentence. Paul Manafort ne devra verser aucune amende. La juge fédérale lui a infligé une peine de 60 mois pour le premier chef d'accusation. Sur ces 60 mois, trente sont confondus dans la peine de 47 mois prononcée jeudi dernier dans une autre affaire par le tribunal du district d'Alexandria, en Virginie. Pour le second chef d'accusation, Manafort a été condamné à 13 mois de prison. Comme il a déjà passé neuf mois derrière les barreaux, cela signifie, toutes peines prises en compte, qu'il doit encore passer normalement six ans et neuf mois en détention. Des avocats font toutefois valoir que Manafort, qui aura 70 ans le mois prochain, pourrait bénéficier d'une grâce présidentielle.  

Deux années de bataille juridique 

Lors de l'audience, Manafort a exprimé des regrets mais la juge a eu des mots très sévères pour lui. "Dire 'je suis désolé d'avoir été attrapé', ce n'est pas un bon moyen d'obtenir la clémence", a-t-elle dit. L'accusé risquait théoriquement jusqu'à dix ans de prison - cinq ans pour chacun des deux chefs d'accusation sur lesquels il a plaidé coupable l'an dernier.

La décision de la juge Jackson met fin à deux années de bataille juridique entre Manafort, consultant chevronné des campagnes électorales républicaines qui a travaillé cinq mois pour Trump, et le procureur spécial Robert Mueller, chargé de conduire depuis mai 2017 l'"enquête russe" sur une ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016 et une éventuelle collusion entre l'équipe Trump et Moscou.

Les missions de lobbying qu'a accomplies Manafort pour des politiciens pro-russes en Ukraine, dont l'ex-président Viktor Ianoukovitch, sont au coeur de l'enquête du procureur Mueller. La juge Jackson a estimé le mois dernier que Manafort avait contrevenu à l'accord de plaider coupable conclu avec le procureur Mueller en mentant à celui-ci sur des questions importantes dans le cadre de l'enquête russe.

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