L'anonyme de l'équipe Trump frappe encore

©AFP

Un essai non signé publié ce mardi tente d’avertir sur la personnalité et les agissements du président américain. L’auteur se présente comme un "haut responsable"de l’administration Trump entré en "résistance discrète".

C’est un "avertissement" sur Donald Trump doublé d’une impression de déjà-vu. "A Warning", l’essai tiré à 500.000 exemplaires sorti ce mardi aux Etats-Unis et traduit en français, n’est pas signé. Son auteur est le même anonyme qui avait publié une tribune dans le New York Times fin 2018. Il affirmait alors "faire partie de la résistance au sein de l’administration Trump".

"Il bronche, il insulte, il s’embrouille, est facilement irrité et a du mal à synthétiser les informations."
L’auteur anonyme de "A Warning"

Cette fois, il admet avoir eu tort au sujet de cette "résistance discrète" qui travaillerait à parer aux "pires inclinations" du milliardaire: "Les Américains ne devraient pas s’attendre à ce que ses conseillers rattrapent la situation. Nous ne le pouvons pas." Ce "haut responsable" décrit un locataire de la Maison Blanche dangereux, irresponsable, misogyne, "prompt aux abus de pouvoir", et au comportement amateur en présence de dirigeants étrangers.

L’auteur suggère aussi que le président est instable mentalement: "Il bronche, il insulte, il s’embrouille, est facilement irrité et a du mal à synthétiser les informations, non pas occasionnellement mais régulièrement." Il gère les crises comme "enfant de douze ans dans une tour de contrôle aérien, poussant tous les boutons du gouvernement aveuglément, indifférent aux avions qui dérapent sur la piste et aux vols qui se détournent désespérément de l’aéroport."

Anecdotes invérifiables

Quant à ses conseillers, ils se réveillent chaque matin "en mode grosse panique" face aux tweets du 45e président: "C’est comme arriver à l’aube à la maison de retraite et y trouver son vieil oncle en train de courir cul nul à travers la cour en pestant contre la nourriture de la cafétéria, pendant que le personnel inquiet tente de l’attraper."

Selon l’auteur, un groupe de hauts responsables a envisagé une démission collective l’année dernière afin "d’attirer l’attention sur les manquements et le commandement erratique de Trump".

Ces comparaisons peu flatteuses s’accompagnent d’anecdotes invérifiables. Le vice-président Mike Pence aurait ainsi été prêt à signer une lettre invoquant le 25e amendement de la Constitution permettant de destituer le président s’il est considéré comme inapte. "Des rumeurs sans fondement", a dénoncé le principal intéressé. L’auteur assure aussi qu’un groupe de hauts responsables a envisagé une démission collective l’année dernière afin "d’attirer l’attention sur les manquements et le commandement erratique de Trump". "L’idée a été abandonnée de peur qu’elle n’empire la situation", ajoute-t-il.

Autre anecdote: Donald Trump aurait voulu classifier les immigrants illégaux comme "combattants ennemis". Une idée étouffée dans l’œuf par son entourage. Sur l’immigration, toujours, le républicain aurait pris l’accent hispanique lors d’une réunion dans le Bureau Ovale: "On a ces femmes qui arrivent avec sept enfants. Elle disent: ‘Oh s’il vous plait aidez moi! Mon mari m’a quittée!’ Elles ne servent à rien. Elles ne font rien pour notre pays. Au moins si elles arrivaient avec un mari, on pourrait le mettre dans un champ à ramasser du maïs."

Mal reçu par la presse

La Maison Blanche a dénoncé l’ouvrage comme "un travail de fiction": "Le lâche qui a écrit ce livre n’a pas mis son nom dessus car ce ne sont rien que des mensonges." La presse a également assez mal reçu l’essai, écrit, selon le Guardian, "par quelqu’un au courant de ce qui transpirait parfois du Bureau Ovale mais sans accès aux premières loges".

Pour le Washington Post, la plupart des informations dévoilées peuvent être classées "dans le dossier ‘Les trucs qu’on sait déjà’". Enfin, se demande le journal, pourquoi ne pas dévoiler son nom et pourquoi ne pas démissionner s’il estime que la "résistance discrète" est inutile? "C’est la tragédie des adultes dans la pièce sous Trump; plus vous êtes dans cette pièce longtemps, moins vous devenez adulte."

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