L'e-cigarette dans le viseur de Donald Trump

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Alors que l’opinion américaine s’inquiète d’une maladie pulmonaire aiguë chez des adeptes du vapotage, le Président américain a décidé de retirer les e-cigarettes aromatisées du marché dans l’espoir de protéger les plus jeunes.

Selon Donald Trump, c’est "une épidémie". Le président américain souhaite interdire les cigarettes électroniques aromatisées, qui font fureur chez les adolescents. L’Agence fédérale de la nourriture et du médicament (FDA) a indiqué mercredi qu’elle publierait d’ici "plusieurs semaines" des consignes pour retirer les liquides aromatisés du marché tant qu’ils ne sont pas approuvés par les régulateurs. Le vapotage est revenu au centre de l’actualité aux Etats-Unis ces dernières semaines, après la mort de six fumeurs d’e-cigarettes des suites d’une maladie pulmonaire aiguë. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a déjà recensé quelque 450 malades dans de nombreux États. Toux, essoufflement, difficultés respiratoires… beaucoup d’entre eux sont hospitalisés en soins intensifs et certains sont même en coma artificiel.

La cause exacte de la maladie est inconnue mais les autorités s’intéressent particulièrement aux e-cigarettes au THC, une substance psychoactive contenue dans le cannabis. L’État de New York a cité l’huile de vitamine E comme une autre cause possible, non confirmée par les autorités fédérales.

3 millions
Un lycéen sur cinq, soit plus de trois millions d’adolescents, consomme des e-cigarettes aux Etats-Unis.

"On ne peut pas laisser les gens mourir et notre jeunesse être si affectée", a déclaré le président Trump. Même la Première dame Melania Trump s’est publiquement inquiétée sur Twitter: "Il en va de notre responsabilité en tant que parents de comprendre les dangers liés au vapotage."

Juul dans le viseur

D’après une étude menée en 2018, un lycéen américain sur cinq consomme des e-cigarettes. Cela représente plus de trois millions d’adolescents, soit 78% de plus qu’en 2017. Et plus des deux tiers de ces jeunes utiliseraient des produits aromatisés: menthol, fruits rouge, vanille, mangue… Ce ne sont pas ces arômes en eux-mêmes qui posent un problème pour la santé mais le fait qu’ils servent d’appât pour la jeune génération, qui devient dépendante à la nicotine.

Dans le viseur des autorités américaines, on trouve le leader du marché, Juul. Ce fabricant d’e-cigarettes aurait présenté ses produits comme une alternative moins dangereuse à la cigarette traditionnelle, y compris lors de présentations dans des écoles. Interrogé par la chaîne américaine CBS en août, le patron de Juul avait nié "toute intention de la société de cibler la jeunesse". Le fabricant a affirmé cette semaine qu’il se plierait aux règles de la FDA.

L’interdiction prônée par l’administration Trump mercredi vise les e-cigarettes aromatisées mais pas les goûts tabac, à destination des fumeurs qui veulent arrêter la cigarette. Or si certains experts anti-tabac considèrent les e-cigarettes comme moins novices que les vraies cigarettes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu’il est pour l’heure impossible de prouver que le vapotage aide réellement au sevrage. Les e-cigarettes "sont incontestablement nocives et devront donc être régulés", conseille l’OMS.

En début de semaine, le milliardaire philanthrope Michael Bloomberg avait fustigé le laxisme de l’administration et promis de financer un fonds à hauteur de 160 millions de dollars pour combattre le vapotage chez les adolescents.

La cigarette électronique sera bannie dès 2020 des villes de San Francisco, en Californie, et de Richmond, en Virginie.

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