L'enquête en vue de la destitution de Trump passe à la vitesse supérieure

Donald Trump devant la Maison-Blanche le 30 octobre 2019. ©Photo News

Après cinq semaines d'interrogatoires à huit clos, la Chambre des représentants a ouvert la voie à la tenue d'auditions publiques des témoins de l'affaire ukrainienne.

Ce jeudi, la Chambre des représentants des Etats-Unis a approuvé l'enquête en vue d'une procédure explosive de destitution contre Donald Trump, la propulsant dans une nouvelle phase publique. 

Cette résolution autorise l'organisation d'auditions publiques de témoins ukrainiens après des révélations sur un appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien.

La Chambre, à majorité démocrate, a adopté ce texte par 232 voix favorables contre 196 voix

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Juste après le vote, Donald Trump a dénoncé, dans un tweet évidemment, "la plus grande chasse aux sorcières de l'Histoire américaine".

Première victoire démocrate

Grâce à ce texte, "les Américains vont pouvoir entendre en direct comment le président a abusé de ses pouvoirs", a tweeté la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi.

Le 24 septembre, elle avait décidé d'engager son parti sur la voie périlleuse de l'"impeachment" après des révélations sur un appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur de l'été. Lors de cet échange, le président républicain avait demandé à son interlocuteur de se pencher sur son rival démocrate Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Les démocrates l'accusent d'avoir abusé de son pouvoir à des fins personnelles, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Lui martèle que sa conversation était "irréprochable" et se dit visé par un "coup d'Etat".

Auditions à huis clos 

Les démocrates ont déjà entendu une douzaine de diplomates et conseillers de la Maison Blanche à huis clos. Selon les éléments qui ont fuité, des ambassadeurs et des hauts responsables ont livré des témoignages parfois accablants pour la Maison Blanche. Ils ont notamment révélé les efforts déployés pendant des mois par des proches du président, dont son avocat personnel Rudy Giuliani, en marge des canaux de la diplomatie officielle, pour convaincre Kiev de fournir des informations embarrassantes sur Joe Biden.

Un conseiller à la Maison Blanche spécialiste de la Russie, Tim Morrison, était à son tour entendu jeudi. Il aurait été témoin des pressions exercées par Donald Trump sur Kiev, en mettant une importante aide militaire américaine dans la balance, selon d'autres personnes auditionnées. Tim Morrison a démissionné à la veille de cette audition, a indiqué un haut responsable de la Maison Blanche.

Il travaillait avec l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui a été appelé à témoigner à son tour le 7 novembre, mais pourrait refuser de le faire. Le président et son entourage ont vivement critiqué le secret de ces auditions. Ils leur ont aussi reproché de violer les droits de Donald Trump à se défendre et d'avancer sans avoir jamais procédé à un vote. La résolution approuvée jeudi vise à les priver de cette ligne de défense.

Outre l'organisation d'auditions publiques, elle autorise désormais les républicains à convoquer leurs propres témoins, lors de la phase d'enquête supervisée par la commission du Renseignement.

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