L'enquête pour l'impeachment de Trump devant les caméras

Donald Trump ©EPA

Les témoignages de trois diplomates vont être diffusés en direct cette semaine. La Maison Blanche et les républicains, furieux, cherchent la meilleure stratégie de défense.

Place au spectacle. À partir de ce mercredi, les témoins clés de l’affaire ukrainienne vont défiler face aux élus du Congrès et sur les écrans des Américains. Les auditions des diplomates William Taylor et George Kent seront les premières à ouvrir le bal. Marie Yovanovitch, ex-ambassadrice à Kiev remerciée par Donald Trump, sera entendue vendredi.

Jusqu’ici, la plupart des témoignages ont eu lieu à huis clos et certaines transcriptions ont été publiées par les responsables de l’enquête pour "impeachment" contre le président américain. Ils ont renforcé les soupçons sur Donald Trump, accusé d’avoir fait pression sur Kiev pour l’ouverture d’une enquête sur le fils de son rival démocrate Joe Biden. Le mémo d’une conversation du 25 juillet montre qu’il a bien réclamé cette "faveur" à son homologue ukrainien. Pour les démocrates, l’abus de pouvoir ne fait aucun doute. La conversation était "parfaite", répond Donald Trump.

Chez les républicains, consigne est désormais d’affirmer que Donald Trump a bien fait ce qu’on lui reproche, mais pour de bonnes raisons, à savoir combattre la corruption.

Une aide militaire à l’Ukraine de près de 400 millions de dollars, votée par le Congrès mais bloquée un temps par la Maison Blanche, pourrait cependant affaiblir la défense du milliardaire. Si l’aide a bien été bloquée en échange de l’annonce d’une enquête, alors le fameux "quid pro quo" sera établi.

Transparence

En donnant son aval, fin octobre, à la tenue d’auditions publiques, la Chambre des représentants a joué la transparence. Les démocrates, majoritaires dans cette Chambre, souhaitent aller vite: les premiers chefs d’accusation devraient être votés d’ici décembre, et le procès au Sénat suivra aussitôt. Les républicains, majoritaires à la Chambre haute, ont toutefois promis de rester fidèle au président qui, à ce jour, ne risque donc pas la destitution.

Donald Trump ne cesse de dénoncer une chasse aux sorcières. "Il n’y a pas eu de quid pro quo", "lisez le transcript" de la conversation du 25 juillet, répète le républicain qui réclame que Joe Biden et son fils soient eux aussi appelés à témoigner. La Maison Blanche a ordonné à ses équipes de ne pas coopérer avec les enquêteurs.

Querelles internes

Deux camps s’opposent en son sein, selon le Washington Post: le chef de cabinet Mick Mulvaney reproche à l’avocat Pat Cipollone de ne pas en faire assez pour bloquer les témoignages gênants. Pat Cipollone, qui se verrait bien à la barre lors du procès du président, reproche de son côté à Mick Mulvaney d’avoir admis l’existence d’un "quid pro quo" face caméra le 17 octobre. Au-delà des querelles internes, des sénateurs s’alarment de la lenteur de la Maison Blanche à constituer une équipe de défense solide en vue du procès.

Les républicains de la Chambre, tiraillés entre leur soutien au président et les témoignages dévastateurs qui s’empilent, ont eux trouvé une nouvelle ligne de défense. Dans un mémo distribué lundi soir, la consigne est désormais d’affirmer que Donald Trump a bien fait ce qu’on lui reproche, mais pour de bonnes raisons, à savoir combattre la corruption. Cette enquête, selon eux, ne serait que le résultat de la fronde de bureaucrates qui se sont retournés contre le président élu par le peuple.

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