L'enquête sur le Russiagate avance, Trump fulmine

©REUTERS

Le procureur spécial Bob Mueller a inculpé plusieurs ressortissants russes pour ingérence dans la présidentielle américaine. Donald Trump a réagi en déversant sa colère sur Twitter alors que l’étau du FBI semble se resserrer sur lui.

Le procureur spécial Bob Mueller qui enquête sur les soupçons de collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Trump, ainsi que sur les tentatives d’obstruction à la justice dont le président américain aurait pu se rendre coupable, poursuit son travail de fourmi. Vendredi, il inculpait 13 ressortissants et 3 entreprises russes pour avoir tenté de déstabiliser le paysage politique US et d’influer sur la présidentielle de 2016. L’acte d’inculpation ne fait pas mention de collusion avec la campagne Trump. Certaines personnes proches de la campagne auraient cependant été en contact avec certains des Russes inculpés, mais sans avoir conscience de ce qui se tramait, explique l’acte d’inculpation.

D’après Mueller, les manœuvres russes auraient débuté dès 2014 et auraient spécifiquement visé à nuire à la campagne d’Hillary Clinton, au profit de Trump, à partir de 2016. Douze des 13 personnes inculpées travaillaient pour l’entreprise russe Internet Research Agency, une firme que le "New York Times Magazine" décrivait déjà comme une "usine à trolls" en 2015. Fausses menaces, rumeurs incendiaires avivant les tensions raciales, appels à boycotter l’élection visant la communauté afro-américaine, tous les moyens étaient bons pour saboter les élections via les réseaux sociaux.

À Moscou, on n’apprécie évidemment pas ce nouveau développement. Lundi, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a estimé que les preuves avancées par Mueller étaient "infondées". Mais la réaction la plus virulente est venue de Trump, qui a passé une partie du week-end à déverser toute sa colère sur Twitter et à nier avoir jamais prétendu qu’il n’y avait pas eu d’ingérence de la part de Moscou.

 

 

Tout le monde en a pris pour son grade dans la dizaine de tweets rageurs que Trump a postés, à commencer par le FBI, accusé par le président d’être "passé à côté de tous les signaux envoyés par le tireur de l’école en Floride" parce que ses enquêteurs "passent trop de temps à tenter de prouver une collusion russe avec la campagne Trump". Le conseiller américain à la sécurité nationale, H.R. McMaster, a également eu droit aux reproches présidentiels après avoir affirmé, samedi, que les preuves d’une ingérence russe "étaient vraiment irréfutables". Son erreur aux yeux de Trump: avoir "oublié de dire que les résultats de l’élection de 2016 n’ont pas été affectés ou modifiés par les Russes".

Autres développements

Trump a de quoi être nerveux, même si ni lui, ni son entourage n’ont jusqu’à présent été formellement accusés de collusion avec Moscou. C’est qu’il ne se passe quasiment pas un jour sans que Mueller avance ses pions. 

Certains médias annoncent que le procureur spécial enquête sur les efforts de Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, pour attirer des capitaux étrangers, notamment russes et chinois, dans son entreprise immobilière, au cours de la période de transition présidentielle. L'équipe du procureur examine désormais les discussions de Kushner tenues pendant la transition présidentielle afin d'obtenir des capitaux pour l'immeuble de bureaux situé au 666 Fifth Avenue à New York, détenu par son entreprise Kushner Compagnies, après des difficultés financières, rapporte CNN, citant des sources proches de l'enquête. 

L'enquête de Robert Mueller s'intéresse également à d'autres négociations portant sur le même immeuble de bureaux, notamment avec l'ancien Premier ministre qatari Hamad ben Jassim al-Thani, selon le magazine en ligne "The Intercept". Ces négociations auraient également échoué. 

Le "Los Angeles Times" indique,lui, que Rick Gates, l’ancien associé de Paul Manafort (président de la campagne de Trump jusqu’en août 2016), qui est inculpé (comme Manafort) pour blanchiment d’argent et activités non déclarées de lobbying pour le compte de Moscou, aurait décidé de plaider coupable. Et de collaborer à l’enquête…

Le procureur spécial a par ailleurs annoncé vendredi que Richard Pinedo, un Californien accusé d’avoir vendu à des agents étrangers liés à Internet Research Agency, l’usine à trolls, des centaines de numéros de compte en banque créés à partir de données de clients américains volées sur internet, a reconnu sa culpabilité. L’homme collabore à l’enquête, lui aussi.

Pendant ce temps-là, les avocats de Trump continuent à discuter avec Mueller de la possibilité que le président soit auditionné en personne dans le cadre de l’enquête…

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