L'étau se resserre autour de Trump, loin derrière Biden dans les "swing states"

Donald Trump a renoncé à la convention républicaine afin de "donner le bon exemple" face au coronavirus. ©Photo News

Donald Trump arrive loin derrière Joe Biden dans les sondages au niveau de certains États-clés pour la présidentielle US... et il adapte son discours face au coronavirus.

Donald Trump est au pied du mur. Les sondages de ces dernières semaines le donnent généralement perdant face à Joe Biden et les chiffres les plus récents s'avèrent d'autant plus frappants qu'ils concernent les fameux "swing states". Il s'agit historiquement des "États pivots" dont les électeurs sont les plus indécis, et donc les plus importants dans la course à la présidentielle. C'est bien souvent là-bas que se trouve la dernière ligne droite menant à la Maison-Blanche.

39%
des électeurs
En Pennsylvanie, 50% des votants seraient favorables à Joe Biden, contre 39% pour Donald Trump. Hillary Clinton avait perdu cet État avec moins de 45.000 voix en 2016.

Selon un sondage de Fox News révélé jeudi soir, le démocrate Joe Biden a une longueur d'avance dans le Michigan. Les femmes semblent y voter particulièrement contre le républicain, alors que le démocrate bénéficie également du vote des personnes de couleur et de celles vivant dans les banlieues.

En Pennsylvanie aussi, 50% des votants seraient favorables à Joe Biden, contre 39% pour Donald Trump. Hillary Clinton avait perdu cet État avec moins de 45.000 voix en 2016. Dans le Minnesota, le sondage a indiqué que la situation serait encore pire pour l'actuel président.

Le spectre de la défaite

Le milliardaire républicain, à la traîne dans tous les sondages, redoute désormais une humiliante défaite qui ferait de lui le premier président d'un seul mandat depuis plus d'un quart de siècle. George Bush père fut le dernier à qui cette mésaventure est arrivée. Certes, rien n'est joué. Après trois ans et demi de rebondissements, de nouveaux coups de tonnerre sont possibles.

"Je ne suis pas en train de perdre, les sondages sont bidons."
Donald Trump
Président des États-Unis

Et on se souvient tous de la surprise au réveil, le 9 novembre 2016, lorsque Trump avait été élu avec 46% des voix contre 48 % pour Clinton. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, encore moins quand c'est celle de l'actuel Président.

Le principal intéressé, lui, y croit toujours. "Je ne suis pas en train de perdre, les sondages sont bidons". Derrière les formules-choc et son déni apparent, Donald Trump cherche les ajustements. Conscient que l'échéance de novembre se présente mal, il amorce un virage très serré dans sa stratégie face à la pandémie.

Une nouvelle stratégie contre le Covid-19

"Donner l'exemple est très important", a-t-il affirmé jeudi soir, annonçant l'annulation de la grande convention républicaine prévue à Jacksonville en Floride. Celle-ci doit l'introniser officiellement en tant que candidat républicain à la Maison-Blanche.

"Le timing pour cet événement n’est pas bon, vu ce qui s’est produit récemment – la flambée des infections en Floride – cela ne va pas."
Donald Trump
Président des États-Unis

Après avoir minimisé pendant des mois l'ampleur du coronavirus (le qualifiant de "petite grippe") et avoir appelé les États à rouvrir le plus vite possible, voilà que le président Trump modifie en profondeur son approche face à l'urgence sanitaire. Il a changé de directeur de campagne et il s'est montré, en début semaine, masqué pour la première fois, affirmant qu'il s'agissait là d'un "geste patriotique". Il a ensuite reconnu que la situation allait "empirer avant de s'améliorer". Après des semaines de déni, le ton est désormais plus présidentiel.

"Nous n’allons pas faire une grande convention publique en tant que telle, ce n’est pas le moment", a-t-il déclaré, estimant qu’il était de son devoir de président de "protéger les Américain". "Le timing pour cet événement n’est pas bon, vu ce qui s’est produit récemment – la flambée des infections en Floride – cela ne va pas."

Une autre tentative de montrer qu'il a désormais bien compris la gravité de la situation? Car c'est bien sa réponse à la pandémie qui lui coûte de précieux points dans les sondages, alors que les États-Unis affichent plus de 144.000 décès liés à la maladie.

Selon un sondage d'ABC news, deux tiers des Américains désapprouvent sa réponse face au coronavirus. La crise sanitaire a été pour lui une occasion ratée: celle de se poser en capitaine de navire fiable dans cette tempête. Toujours à moitié dans le déni, Donald Trump semble néanmoins avoir pris la mesure d'une possible défaite le 3 novembre. Il lui reste 100 jours pour inverser la tendance.

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