L'ex-avocat de Trump plaide coupable, son ancien directeur de campagne inculpé

Michael Cohen ©EPA

Michael Cohen, ex-avocat personnel de Donald Trump, a plaidé coupable de fraude fiscale et bancaire. De son côté, Paul Manafort, l'ex-chef de campagne du président, a, lui, été inculpé de fraude.

L'étau se resserrait-il encore davantage autour de Donald Trump? Deux des anciens conseillers du Président ont pris la direction de la prison pour des délits que l'un d'eux dit avoir commis à la demande de Trump. Les conséquences de ces revers sur les prochaines échéances électorales demeurent toutefois difficiles à évaluer.

A quelques minutes d'intervalle mardi, Donald Trump a vu son discours sur la "chasse aux sorcières" dont il ferait l'objet sérieusement écorné par la condamnation de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, pour fraude fiscale e tbancaire, et la décision de son ex-avocat, Michael Cohen, de plaider coupable pour plusieurs délits.

Trump discrédite l'un, loue l'autre

Mercredi matin, le président américain a accusé son ex-avocat Michael Cohen d'avoir "inventé" des faits, mais a loué son ex-directeur de campagne Paul Manafort. Michael Cohen a "cédé" face à la pression des enquêteurs, a assuré Trump, en accusant le juriste d'avoir "inventé des histoires afin d'obtenir un accord" de négociation de peine.

J'ai un "tel respect pour un homme courageux" comme Paul Manafort a, au contraire, tweeté le président, en référence à son ex-chef de campagne reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale.

Fraude fiscale et bancaire

Après quatre mois d'enquête qui ont exaspéré le milliardaire, Michael Cohen (51 ans dont plus de 10 au service de Trump), a plaidé coupable devant un juge fédéral de fraude fiscale et bancaire et de violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Le procès aura lieu le 12 décembre et la caution a été fixée à 500.000 dollars.

L'avocat a comparu devant le tribunal après avoir accepté de négocier un accord avec les procureurs fédéraux. Le New York Times rapportait dimanche que les procureurs s'intéressaient à des prêts de plus de 20 millions de dollars obtenus par Michael Cohen pour des sociétés de taxi qui lui appartenaient.

Beaucoup s'interrogent sur les informations que les enquêteurs ont déjà obtenues ou pourraient encore obtenir de Michael Cohen, et le risque qu'elles pourraient faire peser sur le président.

Michael Cohen a admis cet hiver avoir versé 130.000 dollars à l'ancienne actrice de films X Stormy Daniels en octobre 2016, peu de temps avant l'élection présidentielle, en échange de son silence sur une relation sexuelle avec Donald Trump en 2006.

Cette déclaration, qui contredit la ligne de défense de Donald Trump. cette dernière affirme que les paiements ont été effectués pour épargner une situation embarrassante à sa famille et non pour influencer l'élection. De quoi donc encore accentuer la pression sur Donald Trump.

Manafort inculpé

Même si les chefs d'inculpation contre Cohen n'avaient pas de lien direct avec Donald Trump, ils compliquent donc encore un peu plus la saga judiciaire dans laquelle est empêtrée depuis des mois le président américain. L'enquête du procureur spécial Robert Mueller n'en finit pas. Il cherche à déterminer s'il y a eu collusion entre l'équipe de campagne du candidat républicain et Moscou et si Donald Trump s'est rendu coupable d'obstruction à la justice en limogeant le directeur du FBI, James Comey, qui était à l'origine en charge de l'enquête.

Paul Manafort ©AFP

L'annonce d'un accord de culpabilité de Cohen intervient de plus alors qu'un jury populaire a condamné l'ex-chef de campagne de Trump Paul Manafort pour fraude fiscale et bancaire. Le jury ne s'est toutefois accordé que sur 8 des 18 chefs d'accusation. Il s'agit du premier procès à découler de cette enquête-fleuve que Trump qualifie régulièrement de "chasse aux sorcières".

Beaucoup s'interrogent sur les informations que les enquêteurs ont déjà obtenues ou pourraient encore obtenir de Michael Cohen, et le risque qu'elles pourraient faire peser sur le président. Michael Cohen, longtemps employé par la Trump Organization, a en effet rendu durant dix ans des loyaux services à l'ex-magnat de l'immobilier new-yorkais, n'hésitant pas à attaquer ses adversaires, au point d'être surnommé le "pitbull" de Trump.

Il a dit un jour qu'il serait prêt à "prendre une balle pour le président". Mais ce père de famille, dont les bureaux ont été perquisitionnés en avril, avait ces dernières semaines changé d'avocat et de stratégie, semblant prêt à attaquer de front son ancien patron, faisant diffuser en particulier un enregistrement compromettant pour le président. Pour la plus grande joie des adversaires de Trump.

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