L'Iran "contournera avec fierté" les sanctions américaines (Rohani)

©REUTERS

Les Etats-Unis ont rétabli ce lundi de nouvelles sanctions contre les secteurs pétrolier et bancaire iraniens. Donald Trump compte ainsi convaincre l'Iran d'engager des négociations sur l'arrêt de ses programmes d'énergie nucléaire et de missiles balistiques, et de cesser son soutien aux chiites dans les conflits régionaux du Moyen-Orient. Mais l'Iran compte bien continuer à vendre son pétrole malgré les menaces...

C'est donc ce lundi que les Etats-Unis rétablissent les sanctions contre les secteurs pétrolier et financier iraniens qui avaient été levées sous Barack Obama. C'est la concrétisation du retrait de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 annoncé par Donald Trump en mai. Les nouvelles sanctions prévoient de sanctionner, en leur barrant l'accès au marché américain, tous les pays ou entreprises qui continueront d'acheter du pétrole iranien ou d'échanger avec les banques de la République islamique.

Le président iranien a annoncé que l'Iran continuerait bien à vendre son pétrole sur les marchés ©AFP

Ce lundi, le président iranien Rohani a déjà annoncé que son pays, 3e exportateur de pétrole, continuerait bien à vendre du pétrole. "J'annonce que nous allons contourner avec fierté vos sanctions illégales et injustes car elles vont à l'encontre du droit international", a ainsi assuré le président Rohani dans un discours télévisé. 

 ♦ Pourquoi ces sanctions?

Le but: forcer le régime iranien à changer de comportement.

Les sanctions américaines s'apparentent à un chantage contre les pays tiers qui commercent actuellement avec l'Iran: les entreprises asiatiques ou européennes se verront interdites de marché américain si elles continuent d'importer du pétrole iranien, ou d'échanger avec des banques iraniennes ciblées par Washington. Beaucoup devraient choisir les Etats-Unis, ou l'ont déjà fait.

Huit pays bénéficieront toutefois d'une exemption pour le pétrole, dont la Turquie, et peut-être la Chine et l'Inde. La liste sera annoncée ce lundi.

Quel sera l'impact?

Les investisseurs redoutent que ces sanctions ne se traduisent par un retrait d'un million de barils des marchés, et donc par une flambée du brut.

Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a dit la semaine dernière que les Etats-Unis souhaitaient déconnecter l'Iran du circuit bancaire international Swift, ossature du système financier mondial, comme c'était le cas de 2012 à 2016. De nombreux élus conservateurs américains le réclament. Mais Mike Pompeo n'a pas confirmé qu'une action serait prise pour tenter de forcer la main des dirigeants de Swift, une société de droit belge.

En Iran, le retour des sanctions est interprété par le pouvoir comme la preuve que les Etats-Unis ne savent pas tenir parole.

→ Lisez aussi notre reportage La Chine, alliée impopulaire de l'Iran

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