L'US Navy a testé avec succès une arme laser

©REUTERS

La marine américaine a testé pendant plusieurs mois un laser embarqué destiné à protéger ses navires contre de petits engins. Une révolution dans le domaine militaire.

Depuis des décennies, on les voit dans tout film de science-fiction qui se respecte. Mais dans quelques années, elles pourraient faire partie de l'arsenal de l'armée américaine: les armes laser semblent de plus en plus proches du stade d'un déploiement opérationnel aux Etats-Unis.

L'US Navy a en effet testé avec succès son premier laser embarqué au cours d'une campagne d'essais de plusieurs mois dans le Golfe persique. Le LaWS (Laser Weapon System), un laser de 30 kilowatts, a été installé sur l’USS Ponce, un ancien transport de chalands de débarquement converti en base mobile et basé dans le Golfe. Conçu pour contrer les menaces asymétriques à faible distance comme les petites embarquations ou les drones de petite taille, le LaWS affiche une portée inférieure à 2 kilomètres. Le faisceau étant émis dans l'infrarouge, aucun rayon n'est visible lorsqu'il entre en action. Il a été testé contre différents mobiles de surface, dont une cible remorquée par une embarcation rapide simulant une attaque visant le bâtiment. Il s’est également montré efficace contre les drones.

L'US Navy a indiqué qu'elle mettait dans le même temps au point un laser plus puissant, de 100 à 150 kW, qui devrait être capable à partir de 2017 d'abattre un missile rapide lancé contre un navire. L'US Navy met en avant son caractère peu coûteux par rapport aux missiles antimissiles, chaque tir ne coûtant qu'un dollar. L'engin est néanmoins tributaire des conditions atmosphériques, des nuages comme de la pluie, et ne pourra pas remplacer toutes les armes conventionnelles, comme les canons à tir ultra-rapide "Phalanx".

L'armée américaine travaille depuis des décennies sur des lasers militarisés. La plupart des grands noms de l'industrie de défense du pays y participent: Raytheon, Boeing, Northrop Grumman ou encore le britannique BAE Systems, fortement implanté aux USA.

Northrop Grumman a ainsi développé pour le compte des ministères de la Défense américain et israélien un laser tactique à haute énergie transportable (THEL) développant une énergie d'une centaine de kilowatts, destiné à détruire des roquettes en vol. Mais il n'est jamais entré en service, restant au stade des essais.

Boeing de son côté teste depuis des années un laser de faible puissance fixé sur un véhicule de combat, appelé "Avenger".  Il n'est pas entré en service opérationnel non plus. Le géant de l'aéronautique tente par ailleurs de mettre au point avec Northrop Grumman et Lockheed Martin un laser géant monté sur un B747, afin d'abattre des missiles balistiques lors des phases d'envol. Après des années de développement, il n'a toujours pas été testé en conditions réelles et l'administration Obama a réduit les crédits affectés au programme.

Il y a quelques années, un think tank américain avait estimé dans une étude que l'armée, surtout la Navy, devait investir massivement dans les armes à énergie dirigée comme les lasers, afin de pouvoir conserver son avance technologique. Plusieurs pays, dont la Russie, l'Iran et la Chine, ont développé de nouveaux missiles considérés comme très dangereux pour les bâtiments de surface de la marine américaine.

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