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La Californie victime du climat changeant

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De nombreux experts estiment que si la Californie est si souvent ravagée par des incendies, c’est lié au changement climatique. La sécheresse et les vents violents qui soufflent à cette période-ci de l’année ont conduit à une propagation particulièrement rapide des feux. D’autres éléments seraient en cause.

Les incendies qui ravagent le nord et le sud de la Californie ont déjà fait une cinquantaine de victimes et détruit des milliers d’habitations. Plus de 250.000 personnes ont été déplacées et des dizaines de milliers d’hectares carbonisés. D’après les pompiers californiens, il faudra peut-être jusqu’à trois semaines pour venir à bout de ces incendies. Des incendies qui auraient pu avoir été causés, au nord de Sacramento comme dans la région de Los Angeles, par des incidents au niveau de réseaux électriques.

→  Le bilan du "Camp Fire" en Californie est passé à 48 morts. Plus de 200 personnes sont portées disparues. La ville de Paradiseest quasi totalement détruite, dans une zone où il n'a pas plu plus d'un centimètre d'eau depuis plus de trente semaines.
 Le "Woolsey Fire", dans la banlieue ouest de Los Angeles, près de la célèbre station balnéaire de Malibu, a été bien moins meurtrier, avec deux victimes jusqu'à maintenant. Il a brûlé 37.600 hectares et n'était contenu qu'à 30%.

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Conditions extrêmes

Dimanche, le président Trump s’est empressé de pointer une supposée mauvaise gestion des forêts allant jusqu’à menacer la Californie de ne pas lui allouer de fonds fédéraux pour faire face à la catastrophe. Sauf qu’il ne s’agirait pas d’incendies de forêts. Les feux se seraient déclarés dans des zones où les arbres (des pins et des chênes) sont plutôt parsemés, rapportait le Los Angeles Time ce week-end. Le problème, ce serait plutôt l’extrême sécheresse dont souffre à nouveau la Californie, un phénomène que les scientifiques attribuent au changement climatique. Les vents violents, fréquents en Californie à cette période de l’année, ont ensuite fait se propager les incendies à une vitesse exceptionnelle.

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"Le risque que quelqu’un fasse une étincelle au mauvais moment ne fera qu’augmenter."
Park Williams
Climatologue

"Nos hommes ont été confrontés à des conditions d’incendie extrêmes et difficiles qu’ils n’ont jamais vues de leur vie", a expliqué Daryl Osby, le chef des pompiers du comté de Los Angeles. Pour Mark Lawrenson, le chef des pompiers du comté de Ventura (banlieue nord de Los Angeles), le taux de propagation de l’incendie a été "exponentiellement supérieur à ce qu’il était" lors de précédents incendies. Champion de la cause environnementale et de la lutte contre le changement climatique, Jerry Brown, le gouverneur de Californie, a évoqué, quant à lui, une "nouvelle anormalité" qui "va se poursuivre, sans doute dans les 10 à 15 ou 20 ans" alors que "la sécheresse, la chaleur, toutes ces choses vont s’intensifier".

Du côté des scientifiques, on ne dit pas autre chose. Daniel Swain, chercheur en sciences climatiques à l’Université de Californie-Los Angeles, estimait dimanche sur Twitter que si le nord de la Californie avait reçu une quantité normale de précipitations cet automne, la ville de Paradise n’aurait sans doute pas été ravagée. Interrogé par le New York Times, Park Williams, climatologue à la Columbia University de New York, pointe vers "l’allongement de la saison sèche" en Californie. Dès lors, "le risque que quelqu’un fasse une étincelle au mauvais moment ne fera qu’augmenter".

Prévisions alarmistes

Selon un rapport sur l’impact du changement climatique publié cette année par les autorités californiennes et réalisé avec l’aide de dizaines de scientifiques (Fourth Climate Change Assessment), il n’y aurait jamais eu autant de phénomènes naturels extrêmes en Californie – en termes de canicule, de sécheresse, de chute des précipitations de neige ou d’incendies – que ce à quoi on a assisté depuis 2012. Et cela ne va pas s’arranger.

À politiques climatiques constantes, la température moyenne pourrait augmenter de 1,5°C d’ici 2039 et de 4,8°C d’ici 2100, peut-on y lire. L’apport d’eau liée aux précipitations de neige pourrait chuter de deux tiers d’ici la fin du siècle et la fréquence des incendies majeurs (dont l’étendue dépasse les 10.000 hectares) augmenter de moitié.

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Les autres causes

Il n’y a cependant pas que le changement climatique qui soit à blâmer. Le fait qu’il y ait de plus en plus de constructions dans les zones boisées de l’État pose problème. Plusieurs experts signalent également qu’à mesure que la lutte contre les incendies devient de plus en plus efficace, la végétation peut se développer de manière totalement anarchique dans certaines zones. Les incendies peuvent dès lors s’y propager d’autant plus vite en période de sécheresse. D’aucuns plaident dès lors pour un recours accru à des brûlages préventifs sous contrôle.

Enfin, il y a les coïncidences malheureuses. Comme l’a expliqué au Guardian Daryl Osby, le fait que ses hommes n’aient pas pu compter sur l’aide de leurs collègues du nord de l’État, eux-mêmes en train de combattre des incendies meurtriers, les a obligés à faire des choix. "Ce qui a vraiment entravé notre capacité à combattre cet incendie est le fait que nous n’ayons pas eu assez de ressources pour l’endiguer", a-t-il expliqué, ajoutant que la priorité absolue avait été de sauver des vies.

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