La campagne d'Elizabeth Warren marque un cap

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Ciblée par ses collègues démocrates mardi soir, la progressiste confirmé sa deuxième place parmi les poids lourds des primaires. Elle doit désormais s’attendre aux critiques et aux coups bas.

Comment reconnaît-on les poids lourds politiques dans un débat à douze? Ce sont ceux qui récoltent le plus de flèches de la part de leurs concurrents. Mardi soir, Elizabeth Warren, ciblée de toutes parts, a confirmé son statut de principale opposante au favori Joe Biden dans les primaires démocrates. Au point d’éclipser ce dernier, presque effacé.

La moyenne nationale de Real Clear Politics place Joe Biden en tête avec 29,4% des intentions de vote, contre 23,4% pour Elizabeth Warren.

Ces dernières semaines, deux sondages, dans l’Iowa et le New Hampshire, ont placé la sénatrice du Massachusetts devant l’ex-vice-Président. La moyenne nationale de Real Clear Politics place toutefois Joe Biden en tête avec 29,4% des intentions de vote, contre 23,4% pour Elizabeth Warren. Loin derrière, le socialiste Bernie Sanders, qui a récemment concédé une pause dans sa campagne après une crise cardiaque, récolte 15,4% des intentions de vote. Il compte repartir en fanfare dès ce week-end avec un meeting géant à New York. La superstar des jeunes démocrates Alexandria Ocasio-Cortez est attendue sur scène. Mais ce soutien officiel vient peut-être déjà trop tard.

Rendre coup pour coup

Ce quatrième débat démocrate n’était ni le plus acharné ni le plus captivant. Mais il marque un cap dans la campagne d’Elizabeth Warren. Jusqu’ici, elle maîtrisait le récit: une campagne sur le fond, riche en propositions détaillées. Une carrière passée à défendre la classe moyenne et à combattre Wall Street. Une image d’ex-professeure de Harvard certes un peu terne mais non sans énergie. Le tout face à un Joe Biden attaqué sur son passé politique, sur ses gestes déplacés envers les femmes et plus récemment sur l’affaire ukrainienne.

Warren doit apprendre non seulement à parer les attaques mais à rendre coup pour coup. Une qualité dont elle n’a pas encore vraiment fait preuve.

Désormais, Elizabeth Warren entre dans la cour des grands. La progressiste se vante d’avoir un plan pour chaque problème aux Etats-Unis. Elle s’est donc retrouvée sommée d’expliquer comment elle allait pouvoir payer pour le plus important d’entre eux: l’assurance maladie universelle publique. Une "chimère", a estimé son opposante modérée Amy Klobuchar. Incapable d’admettre, contrairement à Bernie Sanders, que les impôts allaient augmenter, Elizabeth Warren s’est retrouvée en flagrant délit de langue de bois. Or pour gagner la Maison-Blanche, il faudra aussi convaincre les centristes attentifs à la question des taxes.

Ce débat a aussi servi de test à Elizabeth Warren: si elle est choisie par les démocrates l’été prochain, ce ne seront plus ses collègues plus ou moins bienveillants mais l’imprévisible Donald Trump qu’elle devra affronter sur scène. Et pour cela, il faut apprendre non seulement à parer les attaques mais à rendre coup pour coup. Une qualité dont elle n’a pas vraiment fait preuve mardi soir.

En face, le président américain a pris de l’avance. Il lui a déjà trouvé un surnom, Pocahontas, en référence à une polémique sur ses origines amérindiennes proclamées. Il faudra s’attendre à pire: depuis qu’il est la cible d’une enquête pour impeachment, le milliardaire n’a plus de limite.

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