analyse

La Chambre vote en faveur d'un "impeachment" contre Donald Trump

15.000 soldats de la Garde nationale ont été déployés pour assurer la défense du Capitole, après les violences du 6 janvier. ©EPA

La Chambre des représentants s'est prononcée mercredi en faveur d'une mise en accusation formelle du président Donald Trump. La procédure en "impeachment" devrait s'ouvrir devant le Sénat après l'investiture de Joe Biden.

Une semaine après les violences du Capitole, la Chambre des représentants a décidé ce mercredi soir de mettre en accusation le président des États-Unis, Donald Trump.

Une majorité de 232 élus de la Chambre des représentants a en effet voté la mise en accusation formelle de Donald Trump pour avoir incité aux violences du Capitole, ouvrant la voie à un deuxième procès historique du président des Etats-Unis. Dix républicains ont voté avec les démocrates en faveur de l'"impeachment".

Le procès de Donald Trump, par les sénateurs, devrait se dérouler après son départ de la Maison Blanche, le 20 janvier. C'est la deuxième fois que Donald Trump est mis en accusation lors de son mandat de président. Même si la procédure n'aboutit pas, elle préfigure le crépuscule politique de Donald Trump, de plus en plus lâché par son camp.

Les débats avaient lieu dans la salle où, le 6 janvier, des dizaines d'insurgés ont fait irruption, alors que les représentants se préparaient à certifier le président élu, Joe Biden. Les gardes de sécurité avaient dégainé leurs armes pour protéger les élus. Cinq personnes sont décédées, dont un policier.

La ville de Washington et plusieurs aéroports ont été placés sous haute sécurité en vue de l'investiture. La surveillance du Capitole a été renforcée par le déploiement de 15.000 soldats de la Garde nationale.

"Incitation volontaire à l'insurrection"

"Donald Trump doit partir, il représente un danger clair et présent pour la nation."
Nancy Pelosi
Présidente démocrate de la Chambre des représentant

L'accusation contre Donald Trump, pour "incitation volontaire à l'insurrection", est la plus grave jamais adressée à l'encontre d'un président des États-Unis. Lors d'un débat très émotionnel, représentants lui ont reproché d'avoir encouragé la foule à marcher sur le Capitole. Ils considèrent aussi qu'il a créé un climat aboutissant à ces émeutes en refusant de reconnaître le résultat des élections. L'enquête sur l'insurrection devrait apporter des éléments sur le rôle joué par Trump.

"Donald Trump doit partir, il représente un danger clair et présent pour la nation", a déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. "Trump est un traître à notre pays", a lancé la démocrate Anna Eshoo.

La députée républicaine Nancy Mace, a estimé que le président devait être tenu pour responsable de ses actes. Mais, selon elle, mener cette procédure dans "la précipitation" serait irresponsable.

À la différence du premier "impeachment", qui n'avait pas abouti, l'accusation est soutenue par une douzaine de sénateurs républicains.

67
La chaîne CNN estime que 67 sénateurs sont susceptibles de s'exprimer en faveur de l'"impeachment".

Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, a pris ses distances avec Donald Trump et n'exclut pas de voter pour la destitution. Ce revirement de l'homme l'un des hommes les puissants du Congrès sera déterminant.

La procédure démarrera après l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier, alors que les démocrates deviendront majoritaires au Sénat. Pour aboutir, l'acte de destitution doit réunir deux tiers des votes de la Haute assemblée, composée de 100 membres. Selon CNN, 67 sénateurs sont susceptibles de voter en faveur de l'"impeachment".

Les démocrates ont réclamé un démarrage immédiat de la procédure. Ce fut le cas lors de la première tentative d'"impeachment", celle d'Andrew Johnson, en 1868. Mais le chef des républicains au Sénat s'est opposé à ce que les assemblées soient convoquées avant la fin du mandat présidentiel.

Donald Trump sans stratégie

Le président Trump est accusé d'avoir incité ses supporters à l'insurrection, lors de ses discours et sur les réseaux sociaux. ©Photo News

Donald Trump limite ses interventions. Dans un communiqué laconique, il a lancé mercredi un appel au calme à "tous les Américains" alors que des nouvelles manifestations sont prévues à travers le pays.

Ses comptes sur les réseaux sociaux ont été suspendus. Son beau-fils Jared Kushner a mis un coup d'arrêt à ses interventions sur les autres comptes officiels encore ouverts.

Le président sortant semble perdu et sans réelle stratégie. Les sénateurs opposés à la destitution le font pour éviter de diviser leur parti, et non pour défendre Donald Trump, dont les actes sont jugés inacceptables par ses pairs.

Joe Biden demande au Congrès de travailler sur les priorités malgré le procès

Le président élu Joe Biden a demandé au Congrès de travailler sur les priorités de son programme. "J'espère que le Sénat trouvera une façon de gérer leurs responsabilités constitutionnelles concernant le procès en destitution, tout en conduisant les affaires urgentes de la nation", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Parmi les priorités citées par Joe Biden: la confirmation des membres de son cabinet, la relance de l'économie américaine, et la poursuite du plan de distribution de vaccins contre le Covid-19. "Cette nation reste sous la menace d'un virus mortel et d'une économie vacillante", a alerté le futur président.

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