La commission spéciale sur l'attaque du Capitole a du plomb dans l'aile

Le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy (à droite), a retiré ses cinq candidats à la commission spéciale sur l'assaut du Capitole. ©Photo News

Le parti républicain a retiré ses cinq candidats à la commission spéciale chargée d'enquêter sur l’assaut du 6 janvier sur le Capitole à Washington DC.

La commission spéciale chargée d'enquêter sur les partisans de l'ancien président Donald Trump qui avaient pris d'assaut le Capitole, afin d'empêcher le Congrès de certifier l'élection de son successeur Joe Biden, ne va pas (encore) pouvoir commencer ses travaux.

Fin mai, les chefs républicains s'étaient déjà opposés à la création d'une commission indépendante (...) sur le modèle exact de celle créée après le 11-septembre.

D'entrée de jeu, des tensions étaient apparues, le parti républicain estimant qu'elle ne pourrait pas être impartiale. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a jeté de l'huile sur le feu, mercredi, en refusant que les représentants républicains Jim Jordan et Jim Banks, fervents défenseurs de l'ancien président Donald Trump, fassent partie de la commission.

"Par respect pour l'intégrité de l'enquête (...), je dois rejeter les recommandations des représentants Banks et Jordan à la commission spéciale", a déclaré Pelosi dans un communiqué. "La nature sans précédent du 6 janvier exige cette décision sans précédent".

Jim Jordan avait été l'un des principaux défenseurs de Donald Trump lors des deux procès visant à le destituer, le dernier ayant justement porté sur une accusation d'incitation à l'émeute au Capitole. Sans surprise, le Sénat, alors contrôlé par les républicains, avait acquitté Trump à chaque fois.

Les républicains claquent la porte

La réponse des républicains à la décision de Nancy Pelosi ne s'est pas faite attendre. "Les républicains ne prendront pas part à leur processus bidon et poursuivront plutôt leur propre enquête sur les faits", a réagi le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, en retirant ses cinq candidats à la commission spéciale.

"Je suis absolument convaincue que nous aurons une enquête non partisane."
Liz Cheney
Élue républicaine à la Chambre des représentants des États-Unis

Fin mai, les chefs républicains s'étaient déjà opposés à la création d'une commission indépendante, avec cinq experts extérieurs au Congrès choisis par les démocrates et cinq autres choisis par les républicains, sur le modèle exact de celle créée après le 11-septembre.

Nancy Pelosi avait alors été contrainte de créer cette commission spéciale composée de treize membres nommés par elle, dont cinq "après consultations" avec le chef de la minorité républicaine. Cette commission est censée centraliser les multiples enquêtes parlementaires déjà lancées.

Enquête non partisane ?

Nancy Pelosi avait déjà nommé la républicaine Liz Cheney au panel. Elle avait déclaré qu'elle accepterait les trois autres nominations de Kevin McCarthy - les représentants Rodney Davis, Kelly Armstrong et Troy Nehls - et lui avait demandé de choisir deux nouveaux membres.

Privée de sa position de leader parmi les républicains de la Chambre pour avoir rejeté dans le passé des affirmations de Donald Trump, Liz Cheney a indiqué aux journalistes qu'elle resterait à la commission et qu'elle était d'accord avec la décision de NancyPelosi. "Je suis absolument convaincue que nous aurons une enquête non partisane", a-t-elle souligné.

L'assaut du Capitole, le 6 janvier dernier, avait été alimenté par un discours musclé de Donald Trump, pour qui sa défaite était le résultat d'une fraude généralisée. Il avait exhorté ses partisans à "combattre" le résultat de l'élection. S'en était suivi une journée de violences, durant laquelle quatre personnes étaient mortes et des dizaines d'autres avaient été blessées.

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