La direction des parcs nationaux des Etats-Unis décapitée

Bryce Canyon (Utah) ©Jan van Rietschoten/Hollandse Hoogte

Neuf des douze membres de l'organe de direction des parcs nationaux américains ont démissionné. Ils dénoncent le manque de vision écologique de l'administration Trump qui les empêche d'assurer leur mission de protection. Le secrétaire en charge des parcs se focalise, lui, sur une question de harcèlement sexuel.

La colère gronde entre les membres du conseil consultatif des parcs nationaux et l'administration américaine Trump. Et l'annonce du Président de verser son premier salaire (375.000 euros) au service des parcs n'a rien apaisé les tensions.

Les dirigeants de parcs ont ainsi démissionné pour dénoncer la politique de l'administration. Ils estiment que les décisions présidentielles les rendent incapables de remplir leur mission de protection des sanctuaires historiques et environnementaux.

Yosemite ©AFP

Le président Tony Knowles, ancien gouverneur de l'Alaska, et huit des douze membres de ce conseil bipartisan ont envoyé une lettre commune de démission au secrétaire des Ressources naturelles, Ryan Zinke, rapporte le Washington Post. "Nos sollicitations pour être impliqués ont été ignorées et les sujets que nous voulions évoquer avec la nouvelle équipe du ministère ne font clairement pas partie de son agenda", explique Tony Knowles. "Je suis profondément inquiet du fait que la mission de gestion, de protection et de développement de nos parcs nationaux ait été mise de côté." Un autre membre, Carolyn Hessler, a présenté une lettre de démission distincte.  

Réponse de l'administration? 

Ryan Zinke, Secrétaire à l'Intérieur ©Photo News

Le ministère a pris acte de ces démissions. Il affirme dans un communiqué au ton amer: "Leurs démissions sont les bienvenues et nous n'attendions rien moins qu'un départ de la part de membres qui ont trouvé cela approprié de fermer les yeux sur le harcèlement sexuel de femmes au sein des parcs nationaux". Le texte ne détaille pas cette allégation et assure que les postes vacants seront rapidement pourvus à "des personnes qui sont vraiment attachées à travailler avec le ministère pour améliorer nos parcs nationaux". Le message vise ainsi l'ancien directeur du service des parcs nationaux qui avait été accusé en 2016 de violations ethniques. Cette accusation avait débouché l'an dernier sur de nombreuses plaintes de harcèlements sexuels.

Que dénoncent les dirigeants des parcs? 

Tony Knowles a aussi exprimé sa frustration dans une interview avec la radio publique de l'Alaska. "Nous voulions exprimer nos inquiétudes en tant que conseil, par notre démission, parce que nous pensons que leurs (nouvelles politiques) ne reflètent pas une grande partie du public qui soutient le système des parcs nationaux."

Yellowstone ©REUTERS

Sur la chaîne CNN, il a encore expliqué: "Nous voulions nous assurer que les sciences et le changement climatique soient pris en compte. Aucun de ces centres d'intérêt ne semble obtenir l'attention du ministère des Ressources naturelles". La problématique des changements climatiques sur le paysage national est censée faire l'objet d'une réunion deux fois par an. Selon Tony Knowles, le secrétaire Zinke a suspendu tous les comités externes en mai dernier pour revoir leur "charte et accusation". En conséquence, le conseil d'administration de cette année n'a pas encore tenu une seule réunion ni avec le ministre, ni entre eux.

→ Le Conseil consultatif des parcs nationaux a été créé par le Congrès 1935. Sa mission: fournir des conseils sur des questions telles que la désignation des monuments historiques et naturels.

L'approche écologique sous la présidence Trump

Bear Ears, Monument National ©EPA

En avril dernier, Donald Trump annonçait une réduction drastique de la surface des monuments nationaux Grand Stairecase et Bear Ears (Utah) au profit d'une relance des activités de forage. Ces territoires font partie des 129 "monuments nationaux américains", moins protégés que les 59 parcs nationaux. "Notre territoire public est fait pour être utilisé par le public, pas pour des intérêts particuliers", avait déclaré Ryan Zinke, applaudit par les Républicains de l’Utah, qui veulent exploiter ces territoires. 

Rappelons aussi que le Président a annoncé l'été dernier se désengager du traité international de lutte contre le réchauffement climatique scellé à Paris. Pourquoi? Pour préserver le volet économique de son programme électoral et éviter de se mettre à dos la base de son électorat plutôt climato-sceptique.  Il évoque aussi l'absence de preuve de la responsabilité humaine dans le changement climatique.

Discours de Donald Trump en juin 2017

 

Grand Canyon

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