La Fed reste "patiente"

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La banque centrale américaine n’a pas touché à ses taux directeurs, estimant que la faiblesse de l’inflation est "temporaire". Son président a par ailleurs balayé les nouvelles critiques de Donald Trump.

"Notre politique monétaire reste appropriée pour le moment." Sans surprise, la Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé inchangés ses taux directeurs, qui évoluent dans une fourchette entre 2,25% et 2,50%. Elle a juste décidé de modifier légèrement l’un de ses outils qui lui permettent de contrôler leur évolution. Le taux servi sur les réserves bancaires excédentaires (IOER) est ainsi passé de 2,40% à 2,35%.

Cette décision "ne reflète aucun changement dans l’orientation souhaitée de la politique monétaire", a cependant souligné son président Jerome Powell, douchant les spéculations des investisseurs sur une baisse de taux à court terme.

«Nous ne voyons pas d’arguments solides en faveur d’un changement de taux.»
Jerome Powell
président de la Fed

En réaction, les principaux indices actions sont progressivement passés dans le rouge à Wall Street. Les rendements obligataires ont par contre pris de la hauteur. Le taux américain à deux ans a par exemple grimpé à 2,31% contre 2,26% la veille.

Des facteurs baissiers"temporaires"

La banque centrale n’a modifié que le premier paragraphe de son communiqué par rapport à sa réunion de mars. Elle y acte la solidité de l’économie américaine. "Le marché du travail reste solide et l’activité économique a crû à un rythme soutenu" ces dernières semaines. Rappelons que le PIB des États-Unis a progressé de 3,2% au premier trimestre.

La Fed note cependant que les dépenses de consommation des ménages comme les investissements des entreprises ont "ralenti" durant les trois premiers mois de l’année et surtout que l’inflation a "décliné".

1,6%
L'inflation US recule
L'indice des prix basé sur les dépenses de consommation (PCE), mesure préférée de la Fed pour observer l'évolution des prix, s'est établi à 1,5% le mois dernier contre 1,3% en février. Mais hors énergie et alimentation, l'indice s'est replié à 1,6% contre 1,7% en février.

Une baisse qui n’inquiète pas outre mesure la banque centrale. "Nous pensons que l’inflation va remonter", a indiqué Jerome Powell. Le grand argentier américain a évoqué des facteurs temporaires qui pourraient expliquer la faiblesse actuelle de l’inflation. Il a notamment pointé les prix des services financiers, des vêtements et des billets d’avion.

"Il y a des raisons de penser que tout ceci sera transitoire", tout comme l’a été la baisse des prix des téléphones portables en 2017.

Quelle pression?

La Réserve fédérale fait ainsi fi des pressions politiques qu’elle subit depuis plusieurs mois. Son principal détracteur, Donald Trump, a pourtant remis une couche mardi. Le Président américain a prié la banque centrale de soutenir l’économie comme en Chine, en abaissant ses taux. Mais la Fed reste intransigeante.

"Nous ne pensons pas à des considérations politiques à court terme, nous n’en discutons pas et nous ne les prenons pas en considération lorsque nous prenons nos décisions, que ce soit dans un sens ou dans l’autre"
Jerome Powell
président de la Fed

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