La grande réforme fiscale "made in Trump" enfin présentée

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Le parti républicain a présenté sa très attendue réforme fiscale ce jeudi. L'objectif premier est de simplifier un code des impôts devenu un véritable labyrinthe. Elle permettra selon ses promoteurs à une famille moyenne d'économiser 1.000 dollars d'impôts par an.

La grande réforme fiscale promise par Donald Trump et présentée par le parti républicain ce jeudi répond à la promesse du président de simplifier le système fiscal, mais aussi d'accélérer la croissance de l'économie au-dessus de 3% en réduisant la facture fiscale totale de l'ordre de 1.500 milliards de dollars.

2.600 milliards
Les détracteurs de cette réforme fiscale affirment qu'elle va diminuer les recettes de 2.600 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.

Il s'agit de la première réforme des impôts de grande ampleur depuis 1986. Les républicains affirment qu'elle permettra au contribuable moyen de remplir sa déclaration sur "une carte postale", au lieu de recourir à des logiciels informatiques et conseillers fiscaux comme aujourd'hui.

Mais ses détracteurs affirment de leur côté qu'elle va diminuer les recettes de 2.600 milliards de dollars au cours des dix prochaines années, creusant le déficit et alourdissant la dette alors que l'économie n'a pas pour le moment besoin de ce stimulus.

Voici les grands points de cette réforme:

♦ L'impôt sur les revenus

  • Le nouveau système réduit le nombre de tranches d'imposition sur les revenus de sept à quatre: 12%, 25%, 35% en maintenant le taux maximum actuel de 39,6% d'imposition pour les plus riches.
  • Il supprime à partir de 2024 l'impôt sur les successions, appelé parfois "impôt sur la mort" (Death Tax). Celui-ci était depuis longtemps dans le collimateur des républicains même s'il ne concernait que les plus riches en ne s'appliquant qu'aux patrimoines supérieurs à 5,6 millions de dollars.
  • La réduction des déductions des intérêts des crédits immobiliers ne concernera plus que les prêts d'un montant inférieur à 500.000 dollars. Cette déduction fiscale est pourtant très populaire auprès des Américains qui s'endettent lourdement pour acheter leur logement mais ne concernera donc plus les plus riches.
  • La réforme ne touche pas à l'essentiel du dispositif actuel sur les plans d'épargne retraite alors qu'il était question de réduire le montant des contributions déductibles d'impôt. Ce sont ces comptes qui font que beaucoup d'Américains surveillent chaque jour avec anxiété l'évolution de la Bourse car cet argent leur servira une fois retraités.
  • Le projet augmente le montant des parts déductibles notamment pour les personnes vivant avec des enfants comme le souhaitait Ivanka Trump, la fille et conseillère du président.

♦ L'impôt sur les sociétés

  • La réforme réduit l'impôt sur les sociétés à 20% dès l'an prochain au lieu du taux maximal actuel de 35%. Donald Trump avait même envisagé de le réduire à 15% mais cet objectif a été jugé trop coûteux pour les finances du pays. Le taux actuel de 35%, qui place les Etats-Unis au sommet des pays industrialisés, est toutefois rarement appliqué aux entreprises qui font souvent valoir des déductions au titre d'investissements, de dépréciations et d'amortissements.
  • La réforme fixe le taux d'imposition sur les bénéfices réalisés à l'étranger à 10% ce qui permettra aux entreprises américaines de rapatrier à ce taux favorable les liquidités qui s'y trouvent actuellement avec leurs filiales. Elle impose toutefois à 20% les bénéfices que les entreprises étrangères basées aux Etats-Unis rapatrient chez elles.
  • La réforme baisse à 25% le taux d'imposition des sociétés en nom propre mais uniquement pour les contribuables qui ont un rôle actif dans ces sociétés appelées aux Etats-Unis "pass-through entities". Le but est d'éviter qu'elles ne servent à des fonds spéculatifs, des promoteurs immobiliers ou des grands cabinets d'avocats à réduire leur ardoise fiscale.

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