La justice new-yorkaise enquête sur les liens entre Deutsche Bank et Trump

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La justice new-yorkaise a ouvert une enquête au civil sur les liens entre Deutsche Bank et la Trump Organization, d’après le "New York Times". La banque allemande se trouve déjà au cœur de deux enquêtes parlementaires. En cause, les prêts qu’elle a accordés à l’entreprise du président américain à l’époque où ce dernier n’était pas encore à la Maison-Blanche.

Selon le "New York Times", les services de la ministre de la Justice de l’Etat de New York, Letitia James, aurait demandé à Deutsche Bank de lui fournir des documents en rapport avec des demandes de prêts, des hypothèques, des lignes de crédit et autres transactions financières que le groupe a eues avec la Trump Organization concernant trois de ses hôtels (le Trump International Hotel à Washington, le Trump National Doral à Miami et le Trump International Hotel and Tower à Chicago).

L’enquête de James s’étendrait également à un dossier que Trump avait rentré auprès de la banque en 2014 alors qu’il espérait racheter une équipe de football américain de l’Etat de New York, les Buffalo Bills (l’affaire avait capoté). La ministre se serait basée sur les témoignages de Michael Cohen, l’ancien avocat personnel de Trump qui a été condamné à trois ans de prison, devant le Congrès américain concernant la manière dont Trump a manipulé des informations financières ayant trait à sa fortune pour lancer son enquête.

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James avait annoncé la couleur dès son élection à la tête de la justice new-yorkaise en novembre dernier. La démocrate avait alors déclaré qu’elle ferait "toute la lumière sur les zones d’ombres des opérations immobilières" de Trump. Son enquête vient s’ajouter à celles lancées par les commissions du Renseignement et des Affaires financières de la Chambre des représentants, où les démocrates sont désormais majoritaires.

Enquêtes parlementaires

Les deux enquêtes parlementaires s’intéressent de près aux liens entre la Trump Organization et certains oligarques russes. Les députés soupçonnent notamment l’entreprise de Trump, désormais dirigée par ses deux fils aînés, d’avoir participé à des opérations de blanchiment d’argent pour le compte de Russes. Et ils s’interrogent sur le rôle que Deutsche Bank pourrait avoir joué dans toute cette affaire, même si elle ne sera sans doute pas la seule institution financière inquiétée.

Si la banque est dans le collimateur des parlementaires américains et de James, c’est parce qu’elle a continué à prêter des centaines de millions de dollars à la Trump Organization alors que la plupart des autres banques avaient été refroidies par son niveau d’endettement et ses nombreux échecs, notamment dans le secteur des casinos, dans les années 90 et au début des années 2000.

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Tout ce petit monde se demande aussi pourquoi Deutsche Bank n’avait pas coupé les ponts avec la Trump Organization après le procès qui lui avait été intenté en 2008 par l’entreprise du président américain qui essayait alors de se soustraire à certaines obligations contractuelles. Les deux parties avaient finalement réglé leur différend loin des tribunaux et très vite repris leur collaboration. En 2015, la banque allemande aurait ainsi encore prêté 170 millions de dollars à Trump pour l’aider à financer la transformation de l’ancien bureau de poste de Washington en hôtel de luxe.

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