La "leçon" de Joe Biden: il renonce à la nomination de Neera Tanden

La nature de la candidature de Neera Tanden était 'révolutionnaire': elle aurait été la première Indo-Américaine issue d'un milieu modeste à diriger le Budget à la Maison-Blanche ©AFP

Le Président américain a officialisé ce mardi le retrait de la candidature de Neera Tanden pour diriger le Budget, notamment critiquée pour ses propos tenus à l’égard des républicains.

Joe Biden essuie un premier revers politique. Le président a annoncé ce mardi le retrait de la candidature de Neera Tanden pour diriger le Budget à la Maison- Blanche face à l'opposition de sénateurs-clés.

Les rumeurs allaient bon train depuis quelques semaines. Depuis sa nomination du 1ᵉʳ décembre dernier, celle qui fut la conseillère principale de la campagne d'Hillary Clinton en 2016 s'était efforcée de tempérer les ardeurs autour de sa candidature. Mais cela n’aura pas suffi…

Ce mardi, le Président a officialisé le retrait de la nomination de la candidate polarisée. "J'ai accepté la demande de Neera Tanden de retirer sa candidature, a-t-il déclaré dans un communiqué. Joe Biden a cependant affirmé qu'il accorderait tout de même à Neera Tanden un poste au sein de son administration. "J'ai hâte qu'elle joue un rôle dans mon administration. Elle apportera une perspective et un éclairage précieux à notre travail", a-t-il ajouté.

"Un vampire a plus de cœur que Ted Cruz"

Il est vrai que Neera Tanden a fait l’objet de nombreuses critiques. Des sénateurs républicains, mais aussi un démocrate, s'étaient ouvertement déclarés contre son arrivée au poste de directrice du Bureau de la gestion et du budget, un service très puissant, notamment chargé de développer la ligne budgétaire voulue par le Président. En cause, d'anciens commentaires qui visaient des sénateurs, tandis que des progressistes proches de Bernie Sanders la jugeaient trop centriste.

"Je ne veux pas que l'examen de ma nomination soit une distraction face à vos autres priorités."
Neera Tanden
Ex-candidate au Budget à la Maison-Blanche

Dans le passé, Neera Tanden a tenu des propos qui avaient mis de l’huile sur le feu chez les républicains. Elle a notamment tweeté qu'"un vampire" avait "plus de cœur que Ted Cruz", et comparé Mitch McConnell à Voldemort.

Dans le passé, Neera Tanden a aussi suggéré sur les réseaux sociaux que la Russie avait "aidé Bernie Sanders lors des élections de 2016".

Une "leçon" pour la Maison-Blanche

Alors que les posts de Neera Tanden étaient souvent teintés d'agressivité, les démocrates ne se doutaient pas que les sénateurs républicains saborderaient cette nomination. Ils pensaient en effet que les républicains seraient attirés par la nature révolutionnaire de la candidature de Neera Tanden: elle aurait été la première Indo-Américaine, issue d’un milieu modeste, à occuper une telle fonction.

C'est pourtant un sénateur démocrate plus conservateur, Joe Manchin, qui a en grande partie condamné ses chances en annonçant, fin février, qu'il ne voterait pas pour elle. Le sénateur de la Virginie-Occidentale estimait que ses déclarations "ouvertement politiques" auraient un "impact toxique" sur les relations entre le Congrès et la Maison-Blanche.

Une courte majorité

Cet épisode met l’accent sur les contraintes de gouvernance auxquelles Joe Biden est confronté, cela malgré une majorité à la Chambre et au Sénat. Il illustre aussi ce que certains alliés de Biden décrivent comme un excès de confiance de la part du Président et de son chef de cabinet - qui a joué un rôle déterminant dans la sélection de Tanden - dans la gestion d'une réalité politique délicate au Capitole.

Les démocrates disposent en effet d'une très courte majorité à la chambre haute, avec 50 sénateurs contre 50 républicains. En cas d'égalité, la vice-présidente Kamala Harris dispose d'une voix pour départager le vote. Les nominations présidentielles ont besoin de 51 voix pour être approuvées par le Sénat. Toute défection démocrate doit donc être compensée par un vote républicain.

La Maison-Blanche a dès lors intensément courtisé une poignée de sénateurs, dont la républicaine modérée Lisa Murkowski qui ne s'était toujours pas prononcée mardi, tandis que le sénateur indépendant Bernie Sanders semblait plus que tiède sur cette nomination et qu'une démocrate modérée, Kyrsten Sinema, maintenait le mystère sur son vote.

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