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La présidence Biden, cent jours en trombe

Le président américain (ici le 25 janvier) a multiplié les annonces ambitieuses, reste à voir ce qu'il en restera après leur passage au Congrès. ©REUTERS

Sur le vaccin comme sur le front économique, Joe Biden a démarré sa présidence en activant le turbo.

Depuis le jour de sa prestation de serment devant la mer de drapeaux du National Mall, la présidence de Joe Biden est marquée par les annonces en cascade. N’en déplaise au premier de ses contradicteurs durant la campagne présidentielle, le démocrate n’a jusqu’ici rien d’un "endormi", même si certaines de ses annonces les plus importantes sont promises à un parcours turbulent devant le Congrès - et singulièrement le Sénat.

Il devait signer mardi un ordre exécutif pour porter à 15 dollars de l'heure le salaire minimum, aujourd'hui fixé au niveau fédéral à 7,25 dollars.

Cent jours après son entrée en fonction, Joe Biden s’adresse ce mercredi pour la première fois aux chambres réunies de la représentation nationale. Non sans avoir abattu de nouvelles cartes. Il devait signer mardi un ordre exécutif pour porter à 15 dollars de l'heure le salaire minimum, aujourd'hui fixé à 7,25 dollars. Et doit annoncer un plan social – la presse américaine parle de 1.500 milliards de dollars – financé par une nette augmentation des taxes sur les Américains les plus riches.

Succès vaccinal

Élu de justesse face à Donald Trump, il a pris le 20 janvier les rênes d’un pays profondément divisé, marqué au rouge par l'assaut du Capitole, et en proie avec une épidémie qui avait déjà fait près de 500.000 morts. La crise sanitaire est logiquement la première de ses priorités : il promet 100 millions de doses de vaccin injectées au cours des cent premiers jours de sa présidence. Avant l'échéance, la vaccination a déjà dépassé les 200 millions d'injections, grâce à un effort de guerre sans précédent. Dans le même temps, le nombre de nouvelles contaminations a quasiment été divisé par quatre. Un succès, même s’il est loin d’être entièrement au crédit du démocrate, qui profite du succès de l'opération Warp Speed mise en place par l'administration précédente.

Mise à jour socio-économique

Lors de sa première conférence de presse, en mars, le président a annoncé son intention d’utiliser cette crise pour "changer de paradigme". En mettant notamment en route un double moteur de résilience et de reconstruction économique. L’American Rescue Plan, d’abord, signé au 50e jour de sa présidence, prévoit 1.900 milliards de dollars pour tenir la tête des Américains hors de l’eau, en compensant l’insuffisance de stabilisateurs automatiques. Le 31 mars, il dévoile son American Jobs Plan, pour 2.000 milliards de dollars de plus - "l'investissement d'une génération" - dans les infrastructures et énergies vertes, notamment financé par une augmentation des prélèvements sur les entreprises que Trump avait baissés.

Multilatéralisme

Le premier jour de son mandat, il l’aura notamment consacré à marquer le retour des États-Unis sur la scène multilatérale, en reprenant une pleine participation à l’Organisation mondiale de la Santé  et en réintégrant l’Accord de Paris sur le climat. Ce début de mandat aura d'ailleurs aussi été marqué par un premier grand succès diplomatique, quand son sommet sur le climat a vu plusieurs grands États annoncer un relèvement de leurs ambitions.

55%
Selon une moyenne de six sondages, 55% des Américains approuvent l'action du nouveau président.

Tout en resserrant les liens avec les alliés traditionnels des États-Unis, il a affiché une ligne ferme face aux autocraties, à commencer par la Chine désignée comme rivale systémique. Après avoir ordonné des frappes en Syrie, il a aussi ordonné à sa diplomatie de s’engager dans la recherche d’une solution pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien, et au Pentagone de se désengager d’Afghanistan.

Cent jours après l'entrée en fonction du nouveau président, les Américains sont majoritairement satisfaits - selon la moyenne de six sondages récents, 55% d’entre eux approuvent son action, alors que 41% la réprouvent.

Multinationales taxées à 21% : Paris et Berlin ne disent pas non

La France et l'Allemagne sont ouvertes à la proposition des États-Unis d'instaurer un impôt minimum mondial sur les bénéfices des entreprises à 21%, ont indiqué les ministres des Finances des deux pays dans un entretien publié mardi. "Les gens en ont marre que les grandes entreprises ne paient pas leur juste part de l'impôt", a déclaré le Français Bruno Le Maire à l'hebdomadaire Die Zeit. La France avait récemment évoqué un taux d'imposition de 12,5%, a-t-il rappelé. Mais si le taux de 21% suggéré par Washington "était le résultat de négociations, nous serions d'accord", a-t-il ajouté.

Son homologue allemand Olaf Scholz a déclaré de son côté qu'il n'avait "rien personnellement" contre la proposition américaine. Les deux ministres se sont dits confiants concernant un accord "cet été" sur le sujet à l'OCDE. C'est la première fois que les deux gouvernements évoquent leur soutien pour un tel taux plancher.  Des négociations sont en cours au sein de l'OCDE pour aboutir à un système de taxation minimale internationale des entreprises et pour mettre fin au dumping fiscal qu'elles se livrent dans le monde.

Le projet est porté depuis plusieurs semaines par les États-Unis qui cherchent à relever leur fiscalité des entreprises pour financer un plan massif d'infrastructures. Si les négociations à l'OCDE aboutissent, la France a déjà dit qu'elle ferait adopter une directive européenne sur le sujet dès le premier semestre 2022, durant la présidence française de l'Union.

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