La Réserve fédérale américaine ne change pas ses prévisions sur les taux

Jerome Powell, président de la Fed ©REUTERS

Ce n'est clairement pas une surprise tant l'annonce était attendue mais la Réserve fédérale américaine a décidé ce mercredi d'augmenter ses taux d'intérêts. La politique monétaire de la Fed n'est également plus considérée comme "accommodante".

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage, entre 2% et 2,25%, et gardé ses prévisions pour les futurs resserrements monétaires intactes. La banque centrale a ignoré les critiques du président américain Donald Trump, qui l’accuse de ne pas aider l’économie du pays. "Nous ne considérons pas les facteurs politiques", a répondu Jerome Powell, président de la Fed, durant la conférence de presse, à un journaliste qui lui demandait si l’institution a tenu compte des propos de Donald Trump.

Dans son communiqué, la Fed a retiré le mot "accommodant", signifiant que sa politique monétaire n’est plus accommodante. Toutefois, Jerome Powell a insisté sur le fait que la banque centrale ne change pas sa politique monétaire. "Les taux d’intérêt restent bas et soutiennent l’économie pour le bénéfice de tous les Américains", a-t-il indiqué.

"Nous menons la politique monétaire appropriée. Si l’économie devait ralentir, nous baisserions les taux d’intérêt. Si l’inflation augmente, nous relèverons les taux."
Jerome Powell

La Fed a relevé ce mercredi ses taux d’intérêt pour la troisième fois cette année, et la septième sur les huit derniers trimestres. Elle prévoit une autre hausse d’ici la fin de l’année, trois de plus l’an prochain et une en 2020. Un tel scénario porterait le principal taux d’intérêt américain à 3,375% fin 2020, soit près d’un demi-point au-dessus du niveau considéré comme "neutre", c’est-à-dire qui ne favorise ni ne freine la croissance économique.

Sur les marchés financiers, le dollar et le taux à dix ans américains ont reculé après la publication du communiqué de la Fed. Les investisseurs craignaient que l’institution ne relève ses projections de hausse de taux d’intérêt au-delà de 2020. "Nous menons la politique monétaire appropriée. Si l’économie devait ralentir, nous baisserions les taux d’intérêt. Si l’inflation augmente, nous relèverons les taux", indique Jerome Powell.

Il a toutefois souligné durant la conférence de presse que les risques pour la croissance économique américaine sont "équilibrés". Il a constaté que la hausse récente des prix pétroliers a conduit à une plus forte inflation, mais il a jugé cette phase "transitoire".

Pas d’effet de la guerre  commerciale

Interrogé sur l’impact de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, Jerome Powell a constaté que l’économie américaine ne subit pas pour l’instant le contrecoup de celle-ci, alors que des sociétés comme Walmart ont publiquement prévenu d’un impact négatif pour leurs prix. "Nous voyons difficilement un impact sur l’économie américaine", souligne-t-il. "Si tous les droits de douane devaient être appliqués, cela affecterait le sentiment des entreprises et les marchés financiers, mais peu a été appliqué jusqu’à présent", indique-t-il.

"L’économie américaine est forte et connaît son moment le plus brillant, alors que les dépenses des ménages (moteur de l’économie américaine) augmentent."
Jerome Powell

Mais il a reconnu que les prix à la consommation pourraient augmenter en raison de la guerre commerciale. "Nous ne voyons pas encore les effets", insiste-t-il. "L’économie américaine est forte et connaît son moment le plus brillant, alors que les dépenses des ménages (moteur de l’économie américaine) augmentent", ajoute-t-il.

Pour 2019, la Fed prévoit que la croissance du PIB américain devrait ralentir à 2,5% même si ce taux est légèrement supérieur aux prévisions de juin (+ 0,1 point). Dans le même temps, l’inflation sera moins forte que prévu à 2,0% (-0,1 point). Pour la première fois, la Fed publie en outre des prévisions pour 2021. La banque centrale s’attend à une hausse du PIB de 1,8% et une inflation de 2,1%.

Pas d’effet sur le crédit

Jerome Powell a également réfuté l’idée que la hausse des taux d’intérêt de la Fed rend le coût des crédits à la consommation plus élevé. "Oui, les taux d’emprunt ont augmenté, mais ils étaient à un taux historiquement bas", indique-t-il. "Les taux d’intérêt de la Fed restent bas", insiste-t-il. Car pour rappel, la crise financière avait été provoquée par le relèvement des taux d’intérêt de la Fed, qui avait rendu le coût du crédit beaucoup plus élevé pour les ménages américains, et déclenché les défauts de paiement.

Jerome Powell a souligné que le secteur financier est plus sain qu’en 2007. "Beaucoup d’initiatives ont été prises pour assainir le système financier, à commencer par des exigences de capitaux et de liquidités plus élevés pour les banques", indique-t-il. "Le système bancaire est plus solide", ajoute-t-il. "Nous menons des tests de résistance pour que les banques contrôlent leurs risques. Il est important de maintenir la stabilité financière", précise-t-il. De fait, le secteur bancaire américain a rebondi en Bourse depuis la crise. Pas en Europe.

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