"La solution à deux Etats est la seule voie possible"

Le secrétaire d'État américain John Kerry et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre à New York en septembre dernier. ©REUTERS

John Kerry a présenté sa vision d'une paix entre l'Etat hébreu et les Palestiniens. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé un discours "biaisé".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a réaffirmé mercredi que la solution à deux Etats était "la seule voie possible pour obtenir une paix juste et durable entre Israëliens et Palestiniens", dans un grand discours exposant la vision de l'administration du président sortant Barack Obama sur le Proche-Orient. Mais on en est encore loin.

"Comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques?"
John Kerry
Chef de la diplomatie américaine

Il a accusé Israël d'avoir engagé "un projet exhaustif" pour s'approprier des terres en Cisjordanie. Le statu quo au Proche-Orient mène à "une occupation perpétuelle" et la politique des colons "est en train de décider de l'avenir d'Israël", a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé le discours "biaisé" de John Kerry, en l'accusant d'être "obsédé" par la question des colonies israéliennes. "Pendant plus d'une heure il a traité de manière obsessionnelle des colonies et a à peine évoqué la racine du conflit à savoir l'opposition palestinienne à un Etat juif et ce quelles que soient ses frontières", a-t-il ajouté.

Mahmoud Abbas, le président palestinien a de son côté déclaré être "prêt à reprendre les négociations si Israël cesse la colonisation".

"Tiens bon Israël"

Les Etats-Unis "ne peuvent pas, en toute conscience, ne rien faire, ne rien dire, au moment où les chances d'aboutir à la paix s'amenuisent", a dit John Kerry. Et en effet, les États-Unis ont permis à l'ONU vendredi de condamner les colonies israéliennes afin de "préserver la solution à deux Etats", précise-t-il. C’est la dernière mesure prise par Obama avant la fin de son mandat. D’ordinaire soutiens d’Israël, les États-Unis ont renversé leur positionnement habituel sur ce dossier, et ont décidé de s’abstenir. 

Cette décision apparaît comme un pied-de-nez à Donald Trump, qui avait appelé Obama à bloquer ce texte. Sur Twitter, le milliardaire a déclaré: "Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un total mépris et un tel manque de respect. Les États-Unis étaient leur grand ami, mais ce n'est plus le cas. Le début de la fin était cet horrible accord avec l'Iran et maintenant ceci (ONU)! Tiens bon Israël, le 20 janvier (date d'investiture de Donald Trump, ndlr) arrive très rapidement!"

Ces relations tendues avec l'administration Obama n'ont pas empêché Israël de se voir octroyer il y a quelque semaines une aide militaire de 38 milliards de dollars sur dix ans.

John Kerry a enfin souligné qu'il incomberait à la prochaine administration républicaine et au président élu Donald Trump de se prononcer sur les colonies de peuplement, sur le statut de Jérusalem et sur le processus de paix au Proche-Orient dans son ensemble.

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