Le cadeau de Donald Trump aux centrales à charbon

©AFP

L’administration Trump a dévoilé une proposition visant à assouplir les normes antipollution que le président Obama avait voulu imposer aux centrales à charbon.

Il l’avait dit et répété pendant sa campagne électorale: Donald Trump voulait relancer la production de charbon aux Etats-Unis. Alors que les élections de mi-mandat approchent à grands pas (le scrutin se tiendra le 6 novembre), le président américain est passé à l’action. Son administration a en effet dévoilé une proposition visant à remplacer le "Clean Power Plan" de son prédécesseur démocrate, Barack Obama, qui visait à réduire de 32% les émissions de gaz à effet de serre des centrales à charbon américaines à l’horizon 2030 (par rapport aux niveaux de 2005), par une réglementation plus laxiste et permettant d’allonger la durée de vie des vieilles centrales.

C’est l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement, qui est à la manœuvre et devra finaliser le nouveau texte au terme d’une consultation publique de 60 jours. Dans sa forme actuelle, la proposition dénommée "Affordable Clean Energy" prévoit de fixer au Fédéral les grandes lignes directrices des efforts technologiques qui devront être entrepris pour réduire la pollution des centrales à charbon, puis de laisser aux États le soin de réglementer eux-mêmes la question. Ce serait notamment à eux de fixer les objectifs de baisse d’émissions de CO2. Des objectifs qui pourraient être différents en fonction des centrales, et donc plus laxistes pour les installations les plus anciennes.

La mesure a fait bondir les organisations environnementales qui estiment qu’elle risque non seulement de pousser à la hausse les émissions de CO2, mais aussi celles d’autres particules polluantes et dangereuses pour la santé.

On peut donc s’attendre à ce qu’une fois finalisée, la nouvelle réglementation soit ciblée par une kyrielle d’actions en justice, y compris de la part de certains États américains qui avaient suivi avec enthousiasme les mesures climatiques d’Obama, lorsqu’ils n’avaient pas lancé eux-mêmes les efforts.

Le éClean Power Plan" d’Obama n’est d’ailleurs lui-même toujours pas entré en vigueur alors qu’il date déjà de 2015. Contesté par 29 États américains et l’industrie du charbon, il avait ensuite vu son application suspendue par une décision de la Cour suprême des Etats-Unis.

Pas de miracle

Même si les propositions dévoilées par l’EPA devaient s’appliquer un jour, les experts s’accordent pour dire que cela ne permettra par de donner un second souffle au secteur américain du charbon.

Les mines ont fermé les unes après les autres ces dernières années, alors que le secteur faisait face à la concurrence du gaz naturel (abondant et bon marché) et à la montée des énergies renouvelables dans la production d’électricité aux Etats-Unis. D’après le New York Times, plus de 200 centrales à charbon ont fermé leurs portes depuis 2010. Et des dizaines de fermetures supplémentaires ont déjà été annoncées. Le plan de Trump ne changera sans doute pas grand-chose à cette dynamique.

Coup politique

Finalement, cet annonce relève peut-être avant tout du coup politique. Trump devait d’ailleurs se rendre hier dans la soirée à Charleston, en Virginie occidentale (le deuxième État américain producteur de charbon), pour y présenter la mesure lors d’un meeting politique devant plusieurs milliers d’électeurs. Au début du mois, son administration avait déjà frappé fort en annonçant qu’elle comptait assouplir les normes antipollution des voitures et des camions. Là aussi, il s’agissait d’enterrer l’une des mesures environnementales phares du président Obama.

La mesure permettrait à l’industrie automobile de réduire ses coûts de 319 milliards de dollars sur 10 ans, selon l’administration Trump. Sauf que les grands constructeurs automobiles ont déjà investi en masse dans des technologies plus propres. Et que la perspective de nouvelles batailles judiciaires en la matière – la californie et 18 autres États américains ont déjà promis d’attaquer la mesure en justice si elle entrait en vigueur –, avec toute l’incertitude que cela entraînera, n’est vraiment pas pour leur plaire.

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