Le comité inaugural de Trump dans le collimateur de la justice

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Nouveau coup dur pour Donald Trump. La justice américaine a ordonné lundi au comité inaugural, qui avait organisé les cérémonies d’investiture du président américain en janvier 2017, de lui remettre une kyrielle de documents, ont rapporté plusieurs médias américains lundi.

Les documents sur lesquels la justice veut mettre la main concernent les donateurs du comité, les personnes invitées aux cérémonies et les sociétés ayant participé à l’organisation de tous ces événements. L’enquête, menée par la justice new-yorkaise, est distincte de celle dirigée par le procureur spécial Robert Mueller sur le "Russiagate". Mais elle découle d’éléments qui ont été découverts par l’équipe de Mueller et implique des personnalités citées ou inculpées dans le cadre de son enquête

Le comité inaugural, qui était dirigé par Thomas Barrack, un proche de Trump, avait récolté 107 millions de dollars pour financer les célébrations autour de l’investiture de Trump, un record. Les procureurs new-yorkais menant l’enquête cherchent à déterminer s’il y aurait eu blanchiment d’argent ou fraude électorale à cette occasion. Ils s’intéressent de très près à la liste des donateurs du comité électoral qui pourrait ne pas être complète.

Dons étrangers?

Cette liste pourrait aussi comprendre des hommes de paille masquant des dons étrangers. Les lois électorales américaines interdisent en effet tous dons provenant d’entités étrangères. Or, il s’avère que plusieurs Russes et Ukrainiens ont participé aux festivités, une faveur qui pourrait leur avoir été accordée en échange de versements financiers. 

Les enquêteurs tentent également de déterminer si plusieurs pays du Golfe persique, dont l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, n’auraient pas versé des fonds au comité obtenant ainsi un accès privilégié à Trump et à son entourage. Fait troublant, certains de leurs représentants ont rencontré l’investisseur américain Imaad Zuberi en décembre 2016. Or, Zuberi, un ancien donateur démocrate devenu proche du camp Trump, a versé pas moins de 900.000 dollars au comité inaugural. 

Liens avec l'enquête de Mueller

Plusieurs personnalités liées à cette enquête avaient préalablement été prises dans les filets de Mueller. C’est Rick Gates, le vice-président du comité, qui dirigeait par exemple les opérations de récoltes de fonds du comité inaugural. Gates, l’ancien bras droit de Paul Manafort, l’ex-directeur de campagne de Trump, a été inculpé et a plaidé coupable de fraude financière et de faux-témoignage dans le cadre de l’enquête de Mueller. Il collabore avec les enquêteurs depuis bientôt un an. 

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Sam Patten, un associé de Manafort, aurait permis à plusieurs donateurs étrangers de verser des fonds au comité. Pour rappel, Manafort attend son jugement pour fraude fiscale et bancaire, derrière les barreaux. Il devrait être fixé sur son sort vendredi. Il a également plaidé coupable de conspiration contre les États-Unis (suite à des missions réalisées pour plusieurs gouvernements étrangers) et d’entrave à la justice dans le cadre de l’enquête de Mueller avec laquelle il collabore depuis septembre. En décembre, il était cependant accusé d’avoir menti aux enquêteurs. 

Enfin, ce sont les perquisitions réalisées en avril dernier au domicile et dans la chambre d’hôtel de Michael Cohen, l’ancien avocat personnel de Trump, qui auraient entraîné l’ouverture de cette enquête menée par la justice new-yorkaise. Cohen, lui aussi a collaboré avec les enquêteurs, dans l’espoir de réduire sa peine. Il a finalement écopé de trois ans de prison pour financement illégal de la campagne de Trump, fraude bancaire et financière. 

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