Le Congrès se déchire sur l'impeachment de Trump

Destitution de Trump: échange particulièrement tendu entre démocrates et républicains, notamment avec Doug Collins (républicain). ©AFP

Lors d’une audition organisée lundi au Congrès, les avocats de chaque camp ont formulé leurs conclusions sur l’affaire ukrainienne. Les arguments sont connus mais la tension monte.

Rarement une audition à la Chambre des représentants aura été si électrique depuis le début de l’enquête sur l’affaire ukrainienne. Cette séance à la commission des Affaires judiciaires était censée permettre à chaque parti de tirer ses conclusions sur les agissements du Président américain envers son homologue ukrainien.

"La Chambre doit agir maintenant car les élections de 2020 sont en danger."

Mais avant même le début de l’audience, il y avait de l’électricité dans l’air: "Les Américains en ont assez de cette arnaque!", a hurlé un membre du site conspirationniste d’extrême droite InfoWars et supporter de Donald Trump. Côté démocrate, aucun doute ne subsiste: "Donald Trump a mis ses intérêts devant ceux du pays", a répété cinq fois le patron de la commission Jerry Nadler. Son équivalent républicain Doug Collins a, lui, accusé les démocrates de chercher à se débarrasser d’un "président qu’ils n’aiment pas" depuis son investiture.

Destitution de Trump: échange particulièrement tendu entre démocrates et républicains. ©AFP

Chaque parti a fait venir à la barre les avocats qui ont mené l’enquête et la contre-enquête. Vidéos et captures d’écran de SMS à l’appui, l’avocat des démocrates, Barry Berke, a affirmé que Trump avait commis trois offenses passibles d’impeachment: l’abus de pouvoir, la trahison de l’intérêt national et la corruption d’élections. "Il faut que la Chambre agisse maintenant, a-t-il plaidé, car les élections de 2020 sont en danger." L’avocat des républicains Stephen Castor a, lui, tenté de ridiculiser l’enquête, la qualifiant "d’effort concerté pour influencer l’élection." Selon lui, les agissements du Président ne devraient pas lui valoir ni mise en accusation, ni destitution. Le Président ukrainien lui-même a reconnu n’avoir pas ressenti de pression, a-t-il argué. Les intentions du milliardaire, en demandant des enquêtes à Kiev, étaient légitimes: combattre la corruption. Quant aux accusations d’obstruction à la justice, a-t-il ajouté, ce sont plutôt les démocrates qui s’en rendent coupables en refusant d’écouter les témoins réclamés par les républicains.

Ce grief a perturbé la séance au point de la rendre inaudible. Les républicains se sont vus refuser de pouvoir interroger le patron de la commission Renseignement Adam Schiff, auquel ils reprochent sa conduite de l’enquête. Les démocrates veulent en effet aller vite: les chefs d’accusation pourraient être validés dès cette semaine en commission, avant un vote en plénière d’ici Noël.

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