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Le plan d'investissement à 1.500 milliards de Trump tient-il la route?

©© DANITA DELIMONT STOCK

Donald Trump doit présenter ce lundi un plan d'investissement de 200 milliards de dollars, soit environ 160 milliards d'euros. Le but de l'opération: améliorer les infrastructures américaines avec un accent particulier sur le renforcement de la sécurité aux frontières des Etats-Unis.

L'administration Trump se mettrait-elle au keynésianisme? Elle publie ce lundi les grandes lignes de son plan d'investissement de 200 milliards de dollars qui, à terme, devrait dégager 1.500 milliards de dollars destinés prioritairement à des projets d'infrastructures. Une vieille recette qui n'est pas certaine de passer au Congrès. Beaucoup d'experts s'interrogent sur les sources de financement des 200 milliards dans le budget fédéral alors que le déficit public risque déjà d'être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017.

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Le budget du président Donald Trump inclura donc en priorité 200 milliards de dollars consacrés aux routes, autoroutes, ponts et autres infrastructures cruciales pour la première économie mondiale. Pour financer ces projets, des économies substantielles seront réalisées dans d'autres secteurs. Lesquels? Washington reste encore flou sur la question. Les Etats et les investisseurs privés vont être sollicités pour contribuer aux 1.300 milliards restants.

86%
L'apport des Etats, des pouvoirs locaux et du privé
Environ 14% des coûts d'infrastructures seraient à la charge de l'Etat fédéral, les 86% restants seraient alors répartis entre Etats et gouvernements locaux d'une part et secteur privé d'autre part.

Les projets budgétaires voulus par le président proposent aussi une réduction du déficit de 3.000 milliards de dollars sur dix ans, selon le directeur du budget de la Maison-Blanche, Mick Mulvaney. "Comme dans toutes les familles américaines, le budget fait des choix difficiles: financer ce que nous devons, couper où nous pouvons et réduire ce que nous empruntons", a-t-il souligné.

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50 milliards de dollars d'aides seront orientés vers des projets en zone rurale, 30 milliards environ serviront à financer des projets au niveau fédéral et 20 milliards iront à des projets dits de "transformations profondes", c'est-à-dire ne consistant pas en une simple réparation des infrastructures existantes.

Il s'agira, dit-on dans l'entourage du président Trump, de simplifier le processus d'approbation des projets et "d'éliminer les obstacles qui empêchent les projets d'être développés efficacement".

En ce qui concerne la sécurité aux frontières, une enveloppe de 18 milliards de dollars sur deux ans sera affectée à la construction du mur que Donald Trump a promis de faire construire à la frontière mexicaine pour limiter les entrées illégales aux Etats-Unis. Une enveloppe de 782 millions de dollars est prévue pour l'embauche de 2.750 agents supplémentaires à l'administration des douanes et de la protection des frontières (CBP) et à l'agence de l'immigration (ICE).

→ Les négociations avec les démocrates s'annoncent tendues 

Le projet à 1.500 milliards passera-t-il le cap du parlement? Le plan de Donald Trump, dont le titre officiel est "principes d'infrastructures", n'est qu'un point de départ, fait-on valoir à la Maison-Blanche. "Il ne s'agit en aucune manière d'une proposition à prendre ou à laisser", explique-t-on sous le sceau de l'anonymat. "C'est le début de la négociation, une négociation bipartisane dans les deux chambres (du Congrès)."

Mais, si l'on tient compte des divisions persistantes au Sénat et de la perspective des élections de mi-mandat au Congrès au mois de novembre, on reconnaît tout de même au sein du gouvernement US que le plan infrastructures aura du mal à être approuvé.

La cheffe du groupe démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, estime que le projet du président "fait passer la charge aux villes et aux Etats". Les démocrates veulent que le plan soit financé par de nouvelles recettes, ce qui pourrait se traduire par un alourdissement de la fiscalité sur le prix de l'essence.

Coté républicains, ce n'est pas gagné d'avance non plus. Donald Trump aura au moins autant de difficultés à convaincre son camp que celui des démocrates, car il doit convaincre certains élus ultra-conservateurs sur les questions budgétaires, élus qui n'hésitent pas à freiner des quatre fers dès qu’il s’agit de dépenses publiques.

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