Le radical Steve Bannon quitte la Maison-Blanche

Steve Bannon ©AFP

Donald Trump a limogé Steve Bannon, son conseiller stratégique controversé, proche de l'extrême droite, ce vendredi. Le président américain accuse Bannon d'avoir provoqué de nombreuses fuites dans la presse.

"You’re fired!" Donald Trump s’est séparé de Steven Bannon, son sulfureux conseiller stratégique. "Le secrétaire général John Kelly et Steve Bannon se sont mis d’accord sur le fait qu’aujourd’hui serait le dernier jour de Steve", a fait savoir hier la Maison-Blanche. Le président a toutefois salué dans un tweet le travail de Steve Bannon.

Une décision commune, vraiment? Rien n’est moins sûr, car le sulfureux conseiller du Président, proche de l’ultra-droite (alt-right), était sur la sellette depuis plusieurs semaines. Les personnes qui comptent dans l’entourage de Donald Trump – Jared Kushner, le gendre, John Kelly, le chef d’état-major, H. R. McMaster, le conseiller à la Sécurité nationale – faisaient pression pour le voir tomber à cause de ses liens ambigus avec l’extrême droite.

Les récentes déclarations polémiques du Président sur les violences à Charlottesville, renvoyant dos à dos les suprémacistes blancs et les contre-manifestants antiracistes, ont donné une occasion à ses détracteurs de le pousser vers la sortie.

Mettre de l’ordre à la Maison-Blanche

Le général de la Marine à la retraite John Kelly, qui bénéficie d’un très grand soutien parmi les républicains, a été propulsé fin juillet plus proche collaborateur du Président pour remettre de l’ordre à la Maison-Blanche. Il a pris sa mission très à cœur en limogeant Steve Bannon, qu’il soupçonnait d’être à l’origine d’innombrables fuites dans la presse pour nuire aux factions rivales au sein de la Maison-Blanche.

Pourtant, mardi, Donald Trump avait déclaré que Steve Bannon était "quelqu’un de bien, pas un raciste". Mais le lendemain, le Raspoutine de Trump est allé trop loin. L’éminence grise du chef de l’État s’est attirée l’ire du Président. Dans une interview explosive donnée à un journaliste du site American Prospect, marqué à gauche, mercredi, il a critiqué allègrement ses rivaux à la Maison-Blanche, parlant de ses "combats quotidiens" face "au lobby de Goldman Sachs". Il a également affiché son désaccord avec le Président américain, en affirmant qu’il n’y avait "pas de solution militaire" avec la Corée du Nord.

Les rumeurs de son limogeage ne datent pas d’hier. Steve Bannon aurait dû être viré il y a des semaines, en même temps que l’ancien chef de cabinet Reince Priebus – qui a démissionné fin juillet – selon un conseiller à la Maison-Blanche cité par CNN.

Voix conservatrices

Mais les voix conservatrices, dans l’entourage du Président, ont milité pour le conserver à son poste. Jusqu’à mercredi, et l’interview de trop.

Donald Trump a longtemps hésité avant de renvoyer son conseiller stratégique, pour éviter de provoquer la colère d’une partie de son électorat. Avec moins de 40% d’opinions favorables, Donald Trump le sait, il doit compter sur le soutien de la droite conservatrice. 

 "Je suis absolument convaincue que ce serait une énorme erreur, de la part du Président, de virer Bannon. Il tournerait le dos aux gens qui l’ont élu et cela provoquerait une rébellion au sein de sa base", a estimé en début de semaine Debbie Dooley, activiste de longue date du Tea Party, mouvement ultraconservateur au sein du Parti républicain.

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