Le sénat américain réussira-t-il à mettre fin au shutdown?

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Les propositions républicaine et démocrate sur le budget américain sont soumises ce jeudi au vote des sénateurs américains. Leur vote va-t-il mettre fin aux deux mois de shutdown?

Se dirige-t-on vers la fin du shutdown aux États-Unis? C'est la mission du Sénat américain. Ce jeudi, il devra tenter de s'accorder sur un texte mettant fin à la fermeture partielle de l'administration fédérale, faute de financement du Congrès.

Le FBI incapable de fonctionner

Le syndicat des agents de la police fédérale (FBI) présente un recueil de témoignages d'agents signalant leurs difficultés.

• Le "Bureau" est incapable de payer ses informateurs
• Il est incapable de financer ses opérations ou même d'acheter du papier pour photocopie
• Si les fonctionnaires concernés devraient tous être rémunérés rétroactivement, plus d'un million de salariés de services privatisés ou de sous-traitants d'établissements publics devront faire une croix sur leur paie.

Des initiatives ont été mises en place pour aider les fonctionnaires dans le besoin: nuits d'hôtels et repas gratuits, collectes de fonds, alors que les banques alimentaires font le plein.

 

Depuis le 22 décembre, une partie du gouvernement fédéral est paralysée par un bras de fer entre les démocrates au Congrès et la Maison-Blanche sur le financement d'un mur anti-immigration à la frontière avec le Mexique. Le président réclame 5,7 milliards de dollars pour construire le mur, sa principale promesse de campagne qui doit endiguer selon lui le trafic de drogue et l'entrée de clandestins. L'opposition refuse catégoriquement, jugeant ce projet "immoral", coûteux et inefficace. 

En attendant, quelque  800.000 fonctionnaires fédéraux sont contraints au chômage. Bon nombre d'entre eux se disent désormais forcés de se tourner vers les banques alimentaires. D'autres, tels que les gardiens de prison ou les agents de la sécurité dans les transports sont obligés d'aller travailler... sans être payés.

Nous pouvons aider, mais nous ne pouvons pas être un antidote à l'impasse (budgétaire) ou à une mauvaise politique.
Francisco Tezen
Responsable de l'association Food Bank for New York City

Quelles sont les propositions?

→ Chez les républicains: la proposition assure un financement du gouvernement jusqu'en septembre. Dans l'enveloppe, on trouve un budget  pour le mur et une concession accordée samedi par Trump: un sursis de trois ans pour un million d'immigrants directement menacés d'expulsion.

Chez les démocrates:  pas de budget pour le mur, mais la réouverture des administrations jusqu'au 8 février, pour relancer le débat sur la sécurité aux frontières.

Pour être approuvé, un texte doit obtenir 60 voix au Sénat où les républicains détiennent 53 des 100 sièges. Et il faut aussi qu'il franchisse la Chambre des représentants, désormais aux mains des démocrates.

Selon un responsable républicain, le texte démocrate a peu de chances de passer et, si jamais il réussissait, le président y opposerait son veto. Et il apparaît peu probable que les sénateurs républicains puissent convaincre des démocrates de s'associer à leur proposition.

Trump a réitéré sur Twitter sa volonté de faire construire le mur au nom de la "sécurité nationale". "Ne cédons pas", a-t-il dit à l'adresse des républicains, accusant l'opposition de "jouer à des jeux politiques".

La chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi a répliqué en accusant le milliardaire et les républicains au Sénat de "prendre les Américains en otage".

Trois ans de sursis

Pour faire bouger les lignes, le président républicain a mis samedi dans la balance un sursis de trois ans pour les bénéficiaires d'autorisations de résidence abrogées par son administration: quelque 700.000 jeunes entrés illégalement dans le pays avec leurs parents et environ 300.000 titulaires du statut de protection temporaire (TPS). Proposition refusée par les démocrates qui soulignent la "compilation de plusieurs initiatives déjà rejetées par le passé".

Proposition républicaine validée ou pas, le président américain n'a pas renoncé à présenter mardi prochain son discours sur l'état de l'union. Les démocrates lui avaient pourtant conseillé d'y renoncer. 

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