Les Américains demandent six F-16 à la Belgique

©ANP

L'opération militaire lancée contre le groupe Etat islamique (EI), à laquelle la Belgique apportera vraisemblablement son soutien, marque le début d'un "long processus", a affirmé le Premier ministre en affaires courantes, Elio Di Rupo. Il appelle à ce qu'un "travail économique et social" soit mené après les bombardements.

"Ce serait une erreur gravissime d'imaginer que la solution militaire suffit", a dit M. Di Rupo à la presse en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Les frappes aériennes, auxquelles la Belgique participera vraisemblablement en Irak, marquent "le début d'un long processus qui doit se poursuivre au-delà de l'opération militaire". L'exemple de la Libye, qui sombre dans le chaos depuis l'opération militaire occidentale qui a mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, montre la nécessité d'un suivi politique, a-t-il argumenté.

M. Di Rupo a confirmé mardi avoir reçu des Etats-Unis une demande formelle de participation à l'opération militaire contre le groupe terroriste EI, qui contrôle de larges portions de l'Irak et de la Syrie. Les Etats-Unis, appuyés par une coalition de pays arabes, ont déjà commencé à bombarder la Syrie mardi.

La question de la base légale de l'opération est toutefois délicate. Si la légalité des frappes en Irak est assurée par une demande formelle du gouvernement de Bagdad, les bombardements syriens se situent dans une zone nettement plus floue. Le régime de Bachar el-Assad n'a pas condamné les frappes déjà menées contre l'insurrection islamiste, sans pour autant les avoir sollicitées. Une résolution du Conseil de sécurité ne semble pas non plus à l'ordre du jour.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a admis mardi que les bombardements en Syrie "ne résultaient pas d'une demande directe du gouvernement syrien". Mais ce dernier "a été informé au préalable", a-t-il précisé, en justifiant l'action de la coalition par la "brutalité des groupes armés".

Côté belge, "nous préférons qu'il y ait une résolution des Nations unies, qu'une attitude soit prise par l'ONU", a dit M. Di Rupo mardi, semblant limiter l'implication au territoire de l'Irak.

La participation de la Belgique est d'autant plus délicate que le gouvernement est en affaires courantes. Un feu vert parlementaire est attendu en commission dans le courant de la journée de mercredi. Une approbation en séance plénière serait donc théoriquement possible dès vendredi, alors que les militaires ont largement entamé leur planification pour le déploiement de six avions de combat F-16 dans la région.


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