Les démocrates américains plus divisés que jamais

La victoire d’une novice en politique contre le numéro 4 du parti secoue les démocrates. ©AFP

Le Parti démocrate traditionnel a essuyé une grosse défaite mardi aux primaires des élections de mi-mandat, avec la victoire d’Alexandria Ocasio-Cortez, une débutante en politique, qui s’identifie comme une démocrate socialiste.

Le Parti démocrate est dans la tourmente. À quelques mois des élections de mi-mandat, les divisions internes sont plus que jamais visibles et risquent de fragiliser un parti qui espère pourtant remporter le Congrès. La victoire mardi d’une novice en politique, Alexandria Ocasio-Cortez, une militante latino-américaine de 28 ans née dans le Bronx, partisane de Bernie Sanders, face à un ténor des démocrates, Joe Crowley, 56 ans, numéro quatre du parti à la Chambre des représentants, est un véritable coup de tonnerre électoral.

"Le Parti démocrate est le grand perdant de cette soirée", affirme le Washington Post. Comment Joe Crowley, parlementaire depuis des années, qui était même vu comme un potentiel successeur de Nancy Pelosi, la chef des démocrates à la Chambre des représentants, a-t-il pu perdre cette élection? "C’est le signe d’un glissement vers la gauche du Parti démocrate", écrit le site d’informations Vox.

Une victoire pour Trump et les républicains

Alexandria Ocasio-Cortez, encartée chez les socialistes démocrates américains, et qui n’avait jamais été élue, a battu les statistiques en s’appuyant sur un programme socialiste et sur la classe moyenne dont elle est issue. Sa victoire avec 15 points d’avance sur son adversaire est une véritable claque pour l’establishment démocrate. Bernie Sanders, sénateur démocrate socialiste du Vermont, capable de recueillir plus de 13 millions de voix en 2016, a ainsi suscité des vocations et galvanisé les jeunes socialistes.

"C’est le signe d’un glissement vers la gauche du Parti démocrate."

Donald Trump n’a pas attendu bien longtemps pour se réjouir de la défaite de Joe Crowley. "Wow! Le député qui déteste Trump, Joe Crowley, qui, comme beaucoup s’y attendaient, devait prendre la place de Nancy Pelosi, vient de PERDRE son élection primaire. En d’autres termes, il s’est fait sortir!", a-t-il tweeté. Le Président le sait, les dissensions au sein du Parti démocrate pourraient bénéficier aux républicains lors des élections de mi-mandat, voire lui permettre, par ricochet, de se faire réélire en 2020. "La défaite de Crowley est peut-être le signe précurseur d’un conflit interne chez les démocrates, un signe d’exaspération que l’ancien modèle ne fonctionne plus", écrit Aaron Blake dans le Washington Post. Et ces querelles internes ont été exacerbées depuis l’élection de Donald Trump, son style provoquant et ses dernières mesures polémiques comme la séparation des familles de migrants.

Jeu dangereux

L’aile jeune du parti, plus à gauche, juge que les démocrates ne sont pas assez agressifs pour contester la politique de Donald Trump. "Si vous voyez un membre du gouvernement dans un restaurant, dans un magasin, dans une station-service, allez-y, créez un rassemblement (…), dites-lui qu’il n’est plus le bienvenu, nulle part", a lancé ce week-end l’élue démocrate de Californie Maxine Waters, faisant ainsi écho aux protestataires qui ont pris à partie plusieurs proches de Donald Trump, comme sa porte-parole Sarah Sanders qui s’est vue refuser l’accès à un restaurant en Virginie.

Mais cette démarche est loin de faire l’unanimité chez les démocrates. Car la frange modérée craint que ce comportement agressif motive au contraire les électeurs de Donald Trump, voire les indécis, à défendre le Président face à ces excès. Donald Trump a encore prouvé cette semaine qu’il était capable d’inciter ses électeurs à voter pour les candidats qu’il soutient aux primaires (en Caroline du Sud et à New York). "C’est un jeu dangereux", a ainsi jugé l’élu démocrate du Michigan Dan Kildee.

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