Les démocrates qui briguent la Maison-Blanche

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Qui sont les candidats qui s'affrontent (encore) dans la course à l'investiture du parti démocrate en vue de la présidentielle de 2020 aux États-Unis? On fait le point.

Tous n’ont qu’une idée en tête: priver Donald Trump d’un second mandat à la Maison-Blanche. Avant cela, il leur faudra d'abord remporter la course à l'investiture démocrate qui a débuté de manière chaotique le 3 février dernier dans l'Iowa.

Quelques poids lourds du parti se sont lancés dans l'aventure, comme l'ancien vice-président Joe Biden, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et la sénatrice Elizabeth Warren. D'autres, bien moins connus, y croyaient néanmoins, ou espéraient au moins imposer une partie de leur programme à celui ou celle qui défendra les couleurs démocrates face à Donald Trump le 3 novembre 2020. Plusieurs d'entre-eux ont jeté l'éponge.

D'une vingtaine de candidats au début, on n'en compte désormais plus que cinq. Qui sont ces démocrates qui espèrent encore en découdre avec Donald Trump en novembre prochain?

Joe Biden (77 ans, ancien vice-président des États-Unis)

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C’est le grand favori à l’investiture du parti démocrate, raison pour laquelle, le camp Trump a fait pression sur les autorités ukrainiennes pour qu'elles enquêtent sur ses activités et celles de son fils Hunter en Ukraine. L’ancien sénateur du Delaware aura mis des mois à sortir du bois, mais tout le monde l’attendait. Avant même de s’être déclaré, il caracolait d’ailleurs en tête des sondages. Et pourtant, ses deux premières tentatives (en 1988 et 2008) s’étaient soldées par de cuisants échecs.

Sa principale réalisation: Il a été le vice-président de Barack Obama de 2008 à 2016. Les deux hommes ont formé une équipe soudée et Biden aura été un soutien de taille dans pas mal de dossiers délicats, qu’il s’agisse de la guerre en Irak, de la gestion de la crise financière de 2008 ou des batailles budgétaires avec les républicains du Congrès.

Ses forces: C’est le candidat qui a le plus d’expérience législative et exécutive, et de loin. Originaire de Pennsylvanie, il reste très populaire dans la "rustbelt" qui avait tourné le dos aux démocrates et voté pour Donald Trump en 2016.

Ses faiblesses: Âgé de 77 ans et présent en politique depuis 45 ans, il pourrait se heurter à l'envie de renouveau exprimée par de nombreux électeurs, en particulier les plus jeunes. Il fait partie d’une génération de politiciens qui avaient l’habitude de franchir les barrières partisanes, ce qui ne plaît pas aux plus progressistes. Plusieurs femmes l’ont accusé d’avoir eu un comportement déplacé avec elles, ce qui pourrait le hanter à l’heure du mouvement #MeeToo.

Michael Bloomberg (77 ans, ancien maire de New York)

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Il se sera drapé des couleurs républicaines et démocrates au cours de sa carrière politique, mais c'est bien en tant que démocrate que le milliardaire new-yorkais espère battre le fer avec Donald Trump... à condition de remporter l'investiture du parti. Il compte bien utiliser son immense fortune pour tenter de se débarrasser de ses rivaux démocrates. De fait, il a dépensé 35 millions de dollars en spots télévisés rien que pour lancer sa candidature. 

Sa principale réalisation: En tant que maire (de 2002 à 2013), il a œuvré au redressement de la ville de New York après les attentats du 11 septembre 2001. 

Ses forces: Il n'aura pas de problème pour financer sa campagne. Ses combats pour la cause climatique, contre les armes à feu et le fait qu'il se soit engagé à donner au moins la moitié de sa fortune à des bonnes causes pourrait lui attirer des sympathies auprès des jeunes, même s'il représente une ancienne génération de politiciens.  

Ses faiblesses: Son soutien à une police musclée lorsqu'il était maire de New York – il était en faveur du programme "stop and frisk" qui s'était traduit par de nombreuses arrestations arbitraires de minorités ethniques – pourrait lui être reproché. Son opportunisme politique aussi, ainsi que ses accointances avec les milieux d'affaires dont il est issu. Enfin, il fait partie de la vieille garde politique.

Tulsi Gabbard (38 ans, députée d’Hawaï)

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Cette vétérane de la guerre en Irak, qui se bat désormais contre l’interventionnisme militaire américain, est la candidate la plus controversée du lot. Même si elle a défendu des politiques progressistes ces dernières années (hausse du salaire minimum, soins de santé universels, politiques climatiques ambitieuses), il faudrait un miracle pour que sa candidature ne sombre pas immédiatement.

Sa principale réalisation: Elle était considérée comme une étoile montante du parti après avoir décroché un siège de députée d’Hawaï en 2012 alors qu’elle avait débuté la campagne des primaires très loin dans les sondages. Le président Obama avait soutenu sa candidature à l’époque et elle avait pris la parole à la convention démocrate de 2012.

Ses forces: Elle avait démissionné de son poste de vice-président du parti démocrate pour soutenir la candidature de Bernie Sanders en 2016, ce qui pourrait plaire à l’aile anti-establishment du parti. De père Samoan, elle représente le nouveau visage du parti, plus féminin et diversifié.    

Ses faiblesses: Elle a suscité la polémique en tenant des propos homophobes et en affichant des positions anti-musulmanes dans le passé (elle s’en est excusée depuis). Elle a même soutenu le président syrien Bachar El Assad, qu’elle voit comme un rempart contre le terrorisme islamiste, et l’a rencontré en Syrie en janvier 2017, s’aliénant ainsi une grande partie de la classe politique.

Bernie Sanders (78 ans, sénateur du Vermont)

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En 2016, il avait tenu la dragée haute à Hillary Clinton pendant la course à l’investiture démocrate avec des discours anti-establishment qui lui avaient valu le soutien de millions de jeunes. Certains lui ont reproché d’avoir ensuite privé Hillary Clinton de précieuses voix pendant l’élection présidentielle et d’avoir ainsi contribué à la victoire de Donald Trump.

Sa principale réalisation: Il a sérieusement fait pencher la balance du parti démocrate à gauche. Ses promesses électorales de 2016 (soins de santé universels, relèvement du salaire minimum à 15 dollars par heure, enseignement supérieur public gratuit) ont été reprises en cœur par de nombreux démocrates, même ceux qui n'avaient pas forcément une étiquette progressiste jusque là.   

Ses forces : C’est l’un des candidats les plus connus. Il continue à jouir du soutien de nombreux petits donateurs, comme en 2016. En à peine 24 heures, il avait déjà récolté 6 millions de dollars pour financer sa campagne électorale. Il dispose d’équipes de campagne aux quatre coins du pays. Ses talents d’orateurs continuent à faire mouche auprès des jeunes.

Ses faiblesses : Il n’est pas populaire auprès de l’électorat noir et a dû s’excuser suite à des accusations de harcèlement sexuel qui ont pesé sur plusieurs membres son équipe de campagne en 2016. La plupart des autres candidats ont repris à leur compte plusieurs éléments de son programme électoral le privant ainsi de l’originalité qui avait fait sa force en 2016. Enfin, c'est le candidat le plus âgé du lot.

Elizabeth Warren (70 ans, sénatrice du Massachusetts)

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En 2016, elle avait préféré passer son tour dans la course à la Maison-Blanche, l’aile gauche du parti étant déjà représentée par le sénateur du Vermont Bernie Sanders. Cette fois, elle aura été l’une des premières à franchir le pas. Elle a placé sa campagne sous le signe de la lutte contre un système politique corrompu, inféodé aux riches et aux grandes entreprises. Autre thème central de sa campagne: la mise en place d'un système santé universel, même si elle a un peu réduit la voilure à ce sujet après avoir suscité des inquiétudes sur la faisabilité de son projet, jusque dans son propre camp.

Sa principale réalisation: Experte du droit des faillites (qu’elle a enseigné à Harvard), elle a participé à la création de l’Agence financière de protection des consommateurs en 2010 en collaboration étroite avec l’administration Obama.

Ses forces: C’est une travailleuse acharnée, elle est perfectionniste et dispose d'une solide équipe de campagne. Warren est l'un des porte-drapeaux de la lutte anti-Trump au sein du parti démocrate. Le président en a d'ailleurs fait l'une de ses cibles privilégiées.

Ses faiblesses: Très à gauche du parti, elle aura du mal à rassembler l’électorat démocrate autour de sa candidature. Son entêtement à jouer sur ses lointaines origines amérindiennes – le président Trump l’appelle "Pocahontas" – en avait irrité plus d’un. Mise sous pression pour définir le cadre et le financement du système de santé universel qu'elle souhaiterait mettre sur pied, elle avait finalement publié à l'automne un plan détaillé de ses promesses électorales qui n'a pas convaincu les foules. 

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