Les élections présidentielles de 2020 déjà menacées aux USA

©Bloomberg

Alors que les élections de 2016 - qui ont mené à la victoire de Donald Trump - ont été entachées par les soupçons d'ingérence, de nouvelles menaces pèsent sur les prochaines élections présidentielles.

Des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux aux vidéos truquées, les menaces qui pèsent sur les élections de 2020 aux Etats-Unis sont nombreuses, sans compter les plus dangereuses potentiellement: celles qui n'ont encore été imaginées. 

"Il est très facile de manipuler des photos ou des vidéos pour mettre quelqu'un dans une situation compromettante"
Darrell West
directeur du Brookings Institution's Center for Technology Innovation

Dernière arrivée dans la panoplie des professionnels des fausses nouvelles, la vidéo "deepfake" ("profondément fausse") a fait son apparition sur les réseaux, où le son et l'image ont été modifiés grâce aux technologies d'intelligence artificielle. Ces vidéos peuvent de façon très convaincante, faire dire n'importe quoi à des candidats politiques ou les déshabiller, virtuellement.

Compte tenu du nombre record de femmes et de candidats issus de minorités, "il est totalement possible qu'on voit surgir des vidéos 'deepfake' avec des fausses images peu flatteuses", "réalisées pour les discréditer", écrit dans un rapport en ligne Darrell West, directeur du Brookings Institution's Center for Technology Innovation. "Il est très facile de manipuler des photos ou des vidéos pour mettre quelqu'un dans une situation compromettante".

Même si preuve est faite qu'une vidéo est fausse, elle peut "renforcer une opinion chez ceux qui veulent y croire, et détourner l'attention des informations réelles", note Maurice Turner, un spécialiste de la sécurité électorale.

Encore une ingérence étrangère?

Les yeux sont également tournés vers l'étranger. Le procureur spécial Robert Mueller, qui a enquêté pendant près de deux ans sur une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne du président Donald Trump, a averti contre le risque que Moscou ne tente à nouveau d'interférer en 2020.

Alex Stamos, professeur à Stanford et ancien responsable de la sécurité chez Facebook, estime que "la Russie a sans doute été enhardie à recommencer en 2020", étant donné le peu de réaction des Etats-Unis face aux révélations de 2016. Il estime que d'autres tentatives similaires pourraient venir de Chine, d'Iran, de Corée du Nord et d'ailleurs.

Les experts surveillent aussi les interférences qui visent à décourager les électeurs de voter, une tendance qui pourrait gagner du terrain en 2020. Des chercheurs de l'université du Wisconsin se sont ainsi rendus compte qu'une organisation russe liée au Kremlin, la "Internet Research Agency", avait publié des annonces visant à réduire le taux de participation d'électeurs non blancs en 2016, en appelant les citoyens à "boycotter les élections" et en prétendant qu'aucun des candidats à la présidentielle ne s'occuperait des électeurs noirs.

Le procureur spécial Robert Mueller a averti contre le risque que Moscou ne tente à nouveau d'interférer en 2020. ©REUTERS

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