Les États-Unis n'ont jamais autant créé d'emplois en un mois

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Indicateur extrêmement attendu ce jeudi, le rapport sur l'emploi américain a dévoilé un rebond du marché du travail bien plus important qu'attendu par les analystes.

4,8 millions d'emplois. Les États-Unis ont créé en juin quelque 4,8 millions d'emplois non agricoles. Ce qui représente le chiffre le plus élevé jamais enregistré sur un mois depuis le début du suivi par Washington en 1939. De son côté, le taux de chômage tombe à 11,1% contre 13,3% en mai.

7,5
millions d'emplois
Ces deux derniers mois, les États-Unis ont créé environ 7,5 millions d'emplois non agricoles. Un rebond qui est encore loin de compenser les 20,8 millions d'emplois perdus en avril.

Ces données sont nettement supérieures aux attentes. Selon les données compilées par Reuters, les analystes tablaient en moyenne sur 3 millions de créations de postes en juin et un repli du taux de chômage à 12,3%.

Notons cependant que, même si les créations de postes en mai ont été revues en hausse à 2,699 millions contre 2,509 millions annoncé initialement, ce rebond des deux derniers mois est loin de compenser l'explosion du chômage subie en avril avec 20,787 millions d'emplois détruits.

"Deux bonnes nouvelles" mais...

Sur les marchés financiers, le rapport sur l'emploi - très attendu par les investisseurs - a boosté le rebond des bourses. Le Dow Jones a ouvert sur une hausse de 1,70%, le S&P de 1,49% et le Nasdaq de 1,35%. Le dollar américain cède, lui, du terrain face à un panier de devises.

"C'est une bonne nouvelle, même s'il faut prendre en considération le fait que ces chiffres reflètent la réouverture de l'économie avant l'annonce des chiffres des nouveaux cas (de contamination)."
Peter Cardillo
chef économiste de Spartan Capital Securities

"C'est une bonne surprise", a réagi Peter Cardillo, chef économiste de Spartan Capital Securities à New York. "C'est une bonne nouvelle, même s'il faut prendre en considération le fait que ces chiffres reflètent la réouverture de l'économie avant l'annonce des chiffres des nouveaux cas (de contamination)."

Et d'ajouter: "Le fait que le taux de chômage soit revenu à 11,1% est aussi une bonne nouvelle mais cela reste un taux à deux chiffres, ce qui est problématique pour la suite. Toute la question est de savoir si cela va continuer ou se stabiliser. Je m'attends à ce qu'on assiste à une stabilisation."

... une stabilisation en vue?

Les créations de postes annoncées ce jeudi correspondent pour l'essentiel à des réembauches de salariés licenciés en mars et en avril lorsqu'un grand nombre d'entreprises, de bars, de salles de sport ou encore de cabinets médicaux avaient fermé pour tenter de freiner la propagation du Covid-19.

Les économistes expliquent également la vitesse et l'ampleur du rebond de l'emploi par l'impact du "Paychek Protection Program", un dispositif mis en place par l'Etat fédéral pour prêter aux entreprises des sommes qu'elles ne remboursent que partiellement si elles les utilisent pour continuer de payer leurs salariés. Mais les crédits alloués à ce "PPP" sont pratiquement épuisés, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle vague de licenciements.

Autre preuve de la faiblesse de la demande: les inscriptions au chômage aux Etats-Unis n'ont que très légèrement diminué,  à 1,427 millions, la semaine dernière.

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