Les États-Unis pas près d'être détrônés sur le marché des armes

©EPA

Entre 2013 et 2017, les États-Unis ont représenté 34% des ventes d’armements majeurs dans le monde. La Russie s’est classée deuxième alors que la Belgique arrive 34e. Du côté des importations, l’Inde et l’Arabie saoudite sont les championnes.

Les États-Unis ne sont pas prêts de se voir détrôner de leur première place dans le classement des principaux exportateurs d’armes. Sur la période 2013-2017, ils ont représenté à eux seuls 34% des exportations mondiales d’armements majeurs (avions, navires, blindés, artillerie, etc.), selon les estimations du Stockholm international peace research institute (Sipri), un institut indépendant de recherche sur les conflits et les armements. Leurs ventes d’armes ont bondi de 25% entre les périodes 2008-2012 et 2013-2017, pour atteindre des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis la fin des années 90.

La Russie occupe la deuxième marche du podium, avec 22% du volume des ventes à son actif. Elle accuse cependant une baisse de 7% de ses ventes. À noter que le Sipri ne disposant souvent pas des valeurs financières des ventes, fait ses propres calculs en se basant notamment sur des coûts de production et des valeurs résiduelles (pour les ventes d’occasion). Et c’est à partir d’un indicateur maison, le "trend-indicator value", qu’il établit son classement.

Près de la moitié des ventes américaines sont parties vers des pays du Moyen-Orient, gros consommateurs d’armements.
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Près de la moitié des ventes américaines sont parties vers des pays du Moyen-Orient, gros consommateurs d’armements. L’Arabie saoudite, deuxième importateur mondial, a d’ailleurs vu ses importations bondir de 225% en 2013-2017 par rapport à 2008-2012. Elle compte désormais pour 10% des importations mondiales. Mais la championne des importations, c’est l’Inde, avec 12% des importations mondiales à son actif. Si elle se fournit essentiellement en Russie (62% de ses importations en 2013-2017), ses importations en provenance des États-Unis ont néanmoins bondi de 557% par rapport à 2008-2012.

Quant à la Chine, elle "devient de plus en plus capable de produire ses propres armes", note Siemon Wezeman, chercheur principal au programme Armes et Dépenses militaires du Sipri. Désormais 5e plus gros exportateur mondial d’armements majeurs, elle a vu ses ventes augmenter de 38% tandis que ses importations baissaient de 19%.

Le top 5 des exportateurs d'armements. ©MEDIAFIN

La Belgique 34e

Et la Belgique dans tout ça? Elle se classe à la 34e place des exportations d’armements majeurs (on ne parle donc pas des armes légères, telles que celles fabriquées par la FN Herstal, par exemple) avec un volume de vente estimé à 0,1% des exportations mondiales. Se basant sur des informations glanées dans la presse (essentiellement spécialisée), dans des rapports gouvernementaux ou d’ONG, ainsi que dans des informations transmises par les industries, le Sipri a identifié sept pays auxquels la Belgique a vendu des armements entre 2013 et 2017. Des armements qui sortent de ses usines ou qu’elle vend d’occasion.

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Notre plus gros client se situait en dehors d’Europe entre 2013 et 2017. Il s’agissait de l’Indonésie, qui représentait 35% de nos ventes.

En Europe, la Belgique a vendu des véhicules blindés à l’Autriche (d’occasion), des tourelles téléopérées pour véhicules blindés à la France (conçues par la FN Herstal) et deux avions de transport fabriqués par le Britannique BAE System… au Royaume-Uni (mais d’occasion, donc). Notre plus gros client se situait cependant en dehors d’Europe entre 2013 et 2017. Il s’agissait de l’Indonésie (35% de nos ventes) à qui la Belgique a vendu des tourelles pour véhicules blindés et des véhicules de transport de troupes (d’occasion).

Sans surprise, l’Arabie saoudite aura été notre deuxième plus gros client (32% de nos ventes). De quoi faire grincer quelques dents. On lui a vendu des tourelles fabriquées par CMI pour équiper des véhicules blindés qu’elle a achetés au Canada. La Belgique a également vendu des véhicules de combat (d’occasion) au Bahreïn et des véhicules de transport aux Philippines (d’occasion), avant l’arrivée au pouvoir de Rodrigo Duterte…

Sur la période 2008-2012, la Belgique s’était classée 19e avec 0,5% des ventes mondiales à son actif. Mais sur cette période-là, ce sont essentiellement des ventes d’armement d’occasion qui ont gonflé nos chiffres.

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