Les millions coulent à flots sur la campagne des élections américaines de mi-mandat

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Le scrutin du 6 novembre a déjà drainé plus d’un milliard de dollars de fonds pour financer les campagnes électorales républicaines et démocrates.

Le flux d’argent entrant dans les caisses républicaines et démocrates s’est nettement accéléré ces derniers mois. On apprenait ainsi en début de semaine que Sheldon Adelson, le magnat des casinos, et sa femme Miriam, ont récemment versé la bagatelle de 55 millions de dollars à des organisations soutenant les candidats républicains au Congrès.

Quelques échelons plus bas, mais toujours dans la cour des gros donateurs, James Simons, le fondateur du fonds d’investissements Renaissance Technologies, a versé 1,7 million de dollars pour soutenir les démocrates de la Chambre et Irwin Jacobs, le cofondateur de Qualcomm, 1 million de dollars pour aider ceux du Sénat.

La dernière ligne droite

Immigration | Des patrons mécontents

Les patrons américains ont à nouveau mis en garde l’administration Trump contre les conséquences que sa politique d’immigration pourrait avoir sur l’économie US. Dans une lettre envoyée à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, la Business Roundtable, un groupe de pression qui rassemble les dirigeants de nombreuses entreprises américaines prestigieuses, lui demande de revoir sa politique. 

"Alors qu’un nombre record de postes est à pourvoir à cause du manque de main-d’œuvre, ce n’est pas le moment de restreindre l’accès au talent", dénonce le courrier signé entre autres par Tim Cook (Apple), Jamie Dimon (JPMorgan Chase) et James Quincey (Coca-Cola).

 

C’est que la nervosité monte dans les deux camps. Le 6 novembre prochain, les électeurs américains seront appelés aux urnes pour des élections de mi-mandat qui seront leur première occasion de corriger le tir après l’élection de Donald Trump en 2016, ou au contraire, de lui donner les coudées plus franches au Congrès (où il dispose déjà d’une double majorité). L’entièreté de la Chambre des représentants sera alors renouvelée, ainsi qu’un tiers du Sénat (en plus d’élections au poste de gouverneur dans 36 des 50 États américains et de scrutins locaux).

Dire qu’il s’agira d’un référendum sur les politiques présidentielles serait exagéré, même si Trump sera dans tous les esprits. La majorité des électeurs voteront surtout en fonction de leurs préoccupations quotidiennes et de programmes définis localement. Mais les conséquences de ce scrutin pourraient avoir un impact énorme sur la suite de la présidence de Trump, voire sur sa capacité à aller jusqu’au bout de son mandat.

Les enjeux à la Chambre…

Les démocrates ne doivent en effet récupérer que 23 sièges à la Chambre des représentants pour y obtenir la majorité, un scénario jugé plus que probable par de nombreux experts politiques. Or, il leur suffirait d’une majorité simple pour lancer une procédure de destitution du Président, un rêve caressé par de nombreux démocrates.

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Les démocrates ne doivent récupérer que 23 sièges à la Chambre des représentants pour y obtenir la majorité.

Et qui est revenu les hanter cette semaine après les derniers ennuis judiciaires de Paul Manafort et Michael Cohen, deux anciens proches collaborateurs de Trump qui pourraient disposer d’informations compromettantes à son sujet. Des informations qui seraient de nature à intéresser le procureur spécial Robert Mueller dont l’enquête sur une éventuelle collusion entre la campagne Trump et la Russie menace le président.

… et au Sénat

Au Sénat, les démocrates n’auraient besoin de récupérer que deux sièges pour y être majoritaires. Mais ici, les choses s’annoncent néanmoins plus compliquées. Plusieurs sénateurs démocrates venant d’États qui avaient voté pour Trump en 2016 s’y trouvent en effet sur un siège éjectable. Sauf surprise, les républicains devraient y garder leur avantage. De quoi faire dérailler toute tentative de destitution. À condition, évidemment, que l’enquête de Mueller ne compromette pas Trump à un point tel que son parti finisse par le lâcher.

Un basculement de la Chambre dans le camp démocrate serait une mauvaise nouvelle pour Trump qui se trouverait alors face à un Congrès paralysé.

Même abstraction faite de la perspective d’une éventuelle destitution, un basculement de la Chambre dans le camp démocrate serait une mauvaise nouvelle pour Trump qui se trouverait alors face à un Congrès paralysé. C’est ce qui était arrivé au président démocrate Barack Obama en 2010. Il avait ensuite eu les plus grandes peines à imposer son agenda politique.

Les montants

Bref, les enjeux de ce scrutin sont énormes et les sommes qui seront dépensées à la campagne électorale le seront aussi, à en croire les déclarations financières qui ont été transmises en début de semaine à la Commission électorale fédérale et épluchées ensuite par les médias et les experts américains.

Le parti républicain a déjà récolté 670,6 millions de dollars en vue des élections de mi-mandat tandis que le parti démocrate n’en a empoché "que" 552,2 millions.

Ce sont les organisations pro-républicaines qui drainent généralement le plus d’argent, même si la mobilisation démocrate ne fait aucun doute. Le parti républicain a déjà récolté 670,6 millions de dollars en vue des élections de mi-mandat tandis que le parti démocrate n’en a empoché "que" 552,2 millions, selon le Center for responsible politics qui suit depuis plus de 30 ans le financement des campagnes électorales américaines.

L’avantage va cependant au parti démocrate lorsque l’on compare les sommes récoltées par ses antennes de la Chambre (191 millions de dollars) et du Sénat (92,5 millions de dollars), à celles levées par leurs pendants républicains (respectivement 144,6 et 83,7 millions de dollars).

Les (super-)PACs

Du côté des super-PACs – ces "comités d’action politique" qui, depuis 2010, peuvent lever des fonds sans limite à condition de ne pas soutenir directement les candidats et de ne pas se coordonner avec leur campagne –, les républicains ont globalement l’avantage. Six des dix principaux super-PACs soutiennent leur cause. Le plus gros d’entre eux, le Congressional Leadership Fund (proche du président de la Chambre Paul Ryan), a déjà récolté 96,6 millions de dollars (dont 30 millions versés par le couple Adelson).

Les entreprises américaines se montrent généralement plus généreuses envers les républicains.

Son pendant démocrate, House Majority PAC, quasi trois fois moins (35,7 millions de dollars). Cela étant, le Senate Majority PAC, proche des dirigeants démocrates du Sénat, a déjà récolté 78 millions de dollars, soit 20 millions de plus que son pendant républicain (Senate Leadership Fund).

Les entreprises américaines ne sont évidemment pas en reste. Elles se montrent généralement plus généreuses envers les républicains. C’est notamment le cas du conglomérat américain de la défense Northrop Grumman, dont 58% des 2,6 millions de dollars versés par ses employés à la campagne de mi-mandat sont allés à des républicains, et de l’opérateur AT&T (60% de 2,5 millions de dollars).

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