Les USA ont créé moins d'emplois qu'attendu

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115.000 emplois ont été créés en avril aux USA. Le chiffre est décevant, puisque le consensus en espérait 170.000. Mais le taux de chômage s'établit à 8,1%. C'est son niveau le plus bas depuis plus de trois ans.

Le gouvernement américain a annoncé vendredi que le chômage avait continué de baisser aux Etats-Unis en avril, en dépit d'embauches en théorie insuffisantes et moindres pour le troisième mois d'affilée.

Le taux de chômage officiel a baissé de 0,1 point par rapport à avril, pour s'établir à 8,1%, son niveau le plus faible depuis janvier 2009, indique le rapport mensuel sur l'emploi du ministère du Travail.

Dans le même temps, indiquent les données du ministère, les embauches ont nettement ralenti pour ne représenter que 115.000 emplois nets, soit 25,4% de moins qu'en mars, et un niveau que la banque centrale américaine (Fed) juge tout juste suffisant pour empêcher le chômage de monter. Le chiffre des créations d'emploi du ministère est nettement inférieur à l'estimation médiane des analystes, qui donnait 162.000 embauches en avril.

Il s'agit du chiffre de créations d'emplois le plus faible depuis octobre (112.000).

La baisse du taux de chômage officiel était inattendue. De fait, elle résulte avant tout d'une baisse assez marquée de la population active.

Economiste à la banque UniCredit, Harm Bandholz note que "la baisse du taux de chômage est beaucoup moins encourageante qu'on pourrait le penser". Selon ses calculs, la moitié de la baisse de la population active est liée à des départs en retraite, mais l'autre moitié a une cause "cyclique" et témoigne d'une croissance du nombre d'"actifs frustrés" de ne pas trouver d'emploi.

Selon les chiffres officiels, le nombre de personnes employées a reculé pour le deuxième mois d'affilée, mais juste un peu moins rapidement que celui des chômeurs, et le taux d'emploi des Américains de plus de 16 ans a baissé pour s'établir à 58,4%, niveau qui était le sien un an plus tôt, et très proche de son plus bas en 34 ans (58,2%) touché à l'été 2011.

La Maison Blanche a estimé que les chiffres de l'emploi "apportaient des preuves supplémentaires de la poursuite du rétablissement de l'économie".

Estimant qu'il restait "encore énormément à faire pour réparer les dégâts" de la dernière crise, Alan Krueger, conseiller économique du président Barack Obama, a exhorté le Congrès, où l'opposition républicaine est suffisamment forte pour bloquer les projets du gouvernement, à légiférer "pour l'emploi et la croissance".
Probable adversaire de M. Obama lors de la présidentielle de novembre, le républicain Mitt Romney a jugé sur la chaîne de télévision Fox News que le rapport de l'emploi était "une mauvaise nouvelle".

"La raison pour laquelle nous voyons une baisse du taux de chômage est qu'il y a plus de gens qui quittent la population active que de gens qui obtiennent des emplois", a-t-il ajouté, "ce n'est pas un progrès".

Indiquant que le ralentissement économique observé depuis le mois de mars devrait être passager, la Fed a annoncé le 25 avril être un peu plus optimiste pour l'évolution du taux de chômage qu'elle ne l'était fin janvier.

Cependant, les économistes sont partagés sur les conclusions à tirer des chiffres du ministère.
Bon nombre d'entre eux rappellent que depuis plusieurs mois l'estimation initiale des embauches est systématiquement revue à la hausse, et tablent sur une nouvelle accélération des embauches à court terme.

A l'inverse, Jeffrey Rosen, du cabinet Briefing, estime "qu'il n'y a plus aucun doute sur le fait que la croissance de l'emploi a ralenti" depuis un certain temps après avoir été robuste pendant l'hiver.
Une chose est certaine, résume son confrère Joel Naroff, de Naroff Economics Advisors: "Nous avons besoin de créations d'emploi bien meilleures si nous voulons voir le chômage continuer de baisser".

 

 

 

 

 

 

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