Les USA proches d'un shutdown

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Si les républicains et les démocrates ne s’accordent pas sur une loi de financement d’ici au 19 janvier, les Etats-Unis connaîtront un nouveau "shutdown". Ils butent sur l’immigration.

Depuis septembre dernier, le Congrès américain a déjà reporté à trois reprises la date butoir à laquelle il doit voter une loi de financement pour éviter une fermeture partielle des administrations et agences fédérales (les Américains parlent de "shutdown"). Alors que la prochaine échéance approche – ce sera le 19 janvier – démocrates et républicains sont encore en train de jouer avec le feu.

• Au cœur de leurs désaccords: le sort de près de 800.000 immigrés clandestins arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants (les "dreamers") et le mur que le président Trump veut construire à la frontière mexicaine. D’autres questions doivent encore être réglées, comme le fait de compenser ou non toute hausse des dépenses militaires par une augmentation identique des dépenses non militaires et l’ampleur des montants à débloquer pour aider les sinistrés des ouragans Harvey et Irma, par exemple. Mais ces questions-là pourraient vite être réglées en cas d’accord sur l’immigration.

18 milliards $
Budget
Le président Trump a demandé au Congrès de débloquer 18 milliards de dollars (sur 10 ans) pour financer le mur qu’il veut construire à la frontière mexicaine.

Les dirigeants démocrates et républicains du Congrès doivent se réunir ce mardi à la Maison-Blanche pour tenter de trouver un terrain d’entente sur le sort des "dreamers" et du mur. Mais trois éléments sont venus compliquer la donne ces derniers jours. Primo, la Maison- Blanche vient de demander au Congrès de débloquer 33 milliards de dollars sur 10 ans pour renforcer les contrôles d’immigration, dont 18 milliards pour financer le mur. Deuzio, Trump a défié les démocrates en conférence de presse samedi. "Nous voulons le mur", a-t-il lancé, ajoutant que s’il n’y avait pas d’accord sur son financement, il n’y en aurait pas sur le programme Daca qui empêche les déportations de "dreamers". Tertio, on apprenait hier que l’administration Trump compte supprimer le statut de protection temporaire des 200.000 Salvadoriens arrivés aux Etats-Unis après le double tremblement de terre qui avait frappé leur pays en 2001. La mesure ne peut que hérisser les démocrates.

Le mur et les "dreamers"

Depuis le début de son mandat, Trump a les plus grandes peines du monde à concrétiser son mur. L’idée, rejetée en bloc par les démocrates, ne fait pas l’unanimité auprès des républicains. Et le président mexicain Enrique Pena Nieto refuse toujours catégoriquement de verser le moindre peso pour sa construction. Concernant le programme Daca, Trump avait annoncé fin septembre qu’il ne serait pas reconduit. Il avait alors laissé six mois au Congrès pour trouver une alternative. Les républicains voulaient traiter ce dossier séparément, mais les démocrates ont insisté pour le coupler aux questions de financement.

Bien que minoritaires dans les deux chambres du congrès, les démocrates savent que les républicains ne peuvent pas se passer d’eux sur les questions budgétaires, et ils en profitent. Contrairement à la réforme des impôts qui avait été adoptée à la majorité simple fin décembre, la loi de financement aura en effet besoin d’une majorité des deux tiers pour passer au Sénat. Or, les républicains n’y disposent que de 51 sièges (sur 100).

Reste à voir jusqu’où iront les deux parties dans leur bras de fer à dix mois des élections de mi-mandat au Congrès. Le dernier "shutdown" remonte à octobre 2013. Il avait duré 16 jours, pendant lesquels les parcs et musées fédéraux avaient fermé leurs portes ainsi que les services administratifs "non essentiels". Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient dû rester chez eux. D’après l’agence Standard&Poors, ce "shutdown" avait coûté 24 milliards de dollars à l’économie américaine. ça fait réfléchir…

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