Les victimes et les gagnants de l'affaire ukrainienne

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Si Donald Trump et Joe Biden risquent de perdre des plumes dans l’affaire ukrainienne, Elizabeth Warren, qui a toujours combattu la corruption, pourrait gagner des points.

L’affaire ukrainienne fait une victime évidente: Donald Trump. La mise en accusation ("impeachment") du président américain ne fait quasiment plus aucun doute étant donné la détermination des démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants. Sa destitution, à l’issue d’un procès au Sénat majoritairement républicain, reste à l’inverse improbable. Et si la procédure est vue par l’opinion américaine comme un acharnement politique, alors il pourrait devenir gagnant et remonter dans les sondages pour 2020.

Le dossier pourrait faire une autre victime par ricochet: Joe Biden. Le favori de la course aux primaires démocrates est au cœur de l’affaire puisque c’est sur lui que le président américain a demandé à Kiev d’enquêter. Donald Trump assure que l’ex-vice-président a fait limoger un procureur général ukrainien pour protéger son fils Hunter, alors employé d’une compagnie gazière ukrainienne dans le viseur de la justice. Peu importe s’il n’a aucune preuve pour étayer ses accusations: en politique, les apparences comptent parfois plus que les faits.

Le dossier pourrait faire une victime par ricochet: Joe Biden.

Associer de manière répétée le nom de Joe Biden à un scandale de corruption pourrait laisser des traces. D’autant plus que Joe Biden souffre déjà de son image d’homme de l’"establishment" du Parti démocrate.

Elizabeth Warren contre la corruption

De quoi profiter à sa principale rivale dans la course aux primaires: Elizabeth Warren. Dans un sondage national réalisé juste avant l’annonce d’une enquête pour "impeachment", cette dernière a même devancé Joe Biden de deux points de pourcentage.

Et un autre sondage réalisé le week-end dernier lui donne quatre points d’avance sur Donald Trump.

Son message contre la corruption de Washington et du reste du monde résonne particulièrement bien au milieu d’une telle affaire. Non seulement Donald Trump pourrait être mis en accusation pour des méfaits qu’elle combat depuis toujours. Mais son propre rival démocrate pourrait être vu comme le énième exemple des hommes politiques qui facilitent la carrière de leurs enfants.

Or, à gauche du parti, Elizabeth Warren n’a jamais gouverné – même si elle a conseillé Barack Obama – et est restée droite dans ses bottes tout au long de sa carrière. Reste à savoir si sa campagne, qui mise sur des propositions détaillées et des discussions de fond, ne sera pas éclipsée dans tout ce brouhaha médiatique.

À droite, enfin, certains pourraient aussi tenter de tirer profit de l’affaire. Le sénateur républicain de l’Utah Mitt Romney, connu pour son opposition de longue date à Donald Trump, a déjà fait part de son "inquiétude profonde" quant aux accusations dont le président fait l’objet. Sous-entendu: il pourrait voter sa destitution.

Pas sûr, toutefois, que l’ex-candidat à la présidentielle de 2012 – dont les ambitions futures sont peu claires – arrive à convaincre ses collègues de faire de même.

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