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Liz Cheney, seule contre Trump

Cette fervente conservatrice n’a pas voulu suivre l’ex-président dans ses mensonges concernant sa défaite en novembre. Elle le paye en étant évincée de la hiérarchie républicaine à la Chambre des représentants.

Seize minutes. C’est le temps qu’il aura fallu au caucus républicain de la Chambre des représentants pour se débarrasser de Liz Cheney au rang de numéro trois de sa hiérarchie, mercredi. L’issue du vote était courue d’avance puisque le numéro 1, Kevin McCarthy, et le numéro 2 du groupe, Steve Scalise, avaient publiquement désavoué l’élue du Wyoming.

Liz Cheney, 54 ans et fille aînée de l’ex-vice-président de George W. Bush Dick Cheney, fait ni plus ni moins l’objet d’une purge au sein de son camp. Cette fervente conservatrice, chantre de l’orthodoxie budgétaire et proche des milieux d’affaires, était devenue une opposante farouche à Donald Trump. Pas question, pour elle, de propager la théorie mensongère selon laquelle l’élection présidentielle 2020 aurait été volée au milliardaire. Liz Cheney avait d’ailleurs voté pour la mise en accusation de Donald Trump, jugé en janvier pour "incitation à l’insurrection" après l’assaut du Capitole. Impardonnable aux yeux de l’ex-président, qui garde le parti à ses pieds.

"Si vous voulez des dirigeants qui propagent ses mensonges destructeurs, je ne suis pas la bonne personne, il y en a beaucoup d’autres que vous pouvez choisir. Ce sera leur héritage."
Liz Cheney

C’est Elise Stefanik, une représentante de New York particulièrement zélée à l’égard de Donald Trump, qui devrait prendre la place de Liz Cheney. Lors du vote, face à ses collègues, cette dernière a eu des mots cinglants : "Si vous voulez des dirigeants qui propagent ses mensonges destructeurs, je ne suis pas la bonne personne, il y en a beaucoup d’autres que vous pouvez choisir. Ce sera leur héritage."

Méthodes trumpistes avant l’heure

Etoile montante républicaine depuis les années 2010, Liz Cheney a longtemps représenté la ligne néoconservatrice du parti. Si elle a beaucoup critiqué la politique étrangère de Donald Trump, elle a par le passé utilisé des méthodes qui ont donné naissance au trumpisme. Durant le mandat de Barack Obama, elle intervenait régulièrement sur Fox News pour accuser le président d’éprouver une sympathie secrète à l’égard des djihadistes. Elle a aussi défendu l’usage de la torture et participé à l’époque à la campagne de dénigrement envers les Américains musulmans, vus comme une potentielle menace pour la sécurité nationale.

Aujourd’hui, elle se présente comme  la championne du respect de l’Etat de droit. Peu après le vote de ses collègues, la représentante s’est confiée à la presse : "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour m’assurer que l’ex-président ne s’approche jamais à nouveau du Bureau ovale. Nous avons vu le danger qu’il continue de poser avec son langage, nous avons vu son manque d’engagement et de dévouement envers la Constitution", a-t-elle lancé.

Ancienne de l’administration Bush et représentante du Wyoming depuis 2017, Liz Cheney s’apprête à prendre un tournant. Des rumeurs courent sur la possible formation d’un nouveau parti conservateur anti-Trump. Liz Cheney, en tout cas, se voit déjà à la tête d’un nouveau combat : "La nation a besoin d’un Parti républicain basé sur les principes fondamentaux du conservatisme. Et je m’engage à m’assurer que le parti s’engage dans cette direction." Reste à savoir si elle sera réélue lors des élections de mi-mandat de 2022, alors que Donald Trump compte sur des candidats aux primaires pour lui barrer la route.

CV Express

  • 1966 : Naissance dans le Wisconsin
  • Années 2000 : Elle travaille au département d’Etat de l’administration Bush Jr
  • 2016 et 2018 : Elue et réélue représentante du Wyoming
  • Janvier 2021 : Vote pour la mise en accusation de Donald Trump
  • Mai 2021 : Evincée de la hiérarchie républicaine à la Chambre des représentants

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