Nouveau coup de pouce à l'économie US

Ben Bernanke, le président de la Fed. AFP ©AFP

La Fed annonce une augmentation de 45 milliards de dollars de ses rachats mensuels d’actifs. Ben Bernanke a aussi titillé les élus américains, leur demandant de se dépêcher à trouver une solution au problème du budget US.

 La Réserve fédérale a donné mercredi un coup d'accélérateur à son action de soutien à la croissance, exprimant sa déception vis-à-vis du rythme de reprise de l'emploi en un moment où de difficiles négociations budgétaires pèsent sur les perspectives économiques des Etats-Unis.

La banque centrale a substitué à un programme de relance plus modeste - dit "Operation Twist" - qui arrive à son terme en fin d'année une nouvelle salve de rachats d'obligations du Trésor qui contribueront à gonfler un peu plus son bilan.

Express

Wall Street accroissait ses gains après la publication du communiqué de la banque centrale tandis que les Treasuries cédaient du terrain. Le dollar, de son côté, reculait face à l'euro.



Elle en achètera pour 45 milliards de dollars tous les mois, en sus des 40 milliards de dollars d'obligations adossées à des créances hypothécaires (MBS) qu'elle rachète chaque mois depuis septembre.

Plus surprenant, la Fed a également adopté des objectifs numériques pour sa politique monétaire, ce qui n'était pas attendu avant le début de l'an prochain.

Elle a dit en particulier qu'elle maintiendrait sans doute le taux des Fed funds proche de zéro tant que le taux de chômage restera au-dessus de 6,5%. Elle a ajouté que l'inflation ne devrait pas dépasser 2,5% à un horizon d'un à deux ans et qu'à long terme, les anticipations inflationnistes restaient contenues.

"(...) la surprise, c'est principalement qu'elle a remplacé la référence à la mi-2015 en matière de taux d'intérêt quasi-nuls par un seuil de chômage de 6,5%", observe Eric Stein (Eaton Vance Management).

"La Comité (de politique monétaire, FOMC) redoute que sans politique monétaire suffisamment accommodante, la croissance économique ne soit pas suffisamment solide pour provoquer une amélioration durable des conditions du marché du travail", explique la Fed dans un communiqué.

La Fed a renouvelé son engagement de poursuivre ses rachats d'obligations tant que la situation de l'emploi ne se sera pas nettement améliorée. La baisse du taux de chômage à 7,7% en novembre, contre 7,9% en octobre, a été essentiellement imputable à une diminution de la population active et de ce fait ne satisfait pas à cette condition.


La Fed revoit à la baisse ses prévisions de croissance

La Réserve fédérale américaine a revu en légère baisse ses prévisions de croissance pour les années à venir. Pour 2013, la Fed anticipe ainsi une hausse du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 2,3% à 3,0% contre une fourchette de 2,5% à 3,0% donnée en septembre.

En 2014, la Fed voit le PIB croître de 3,0% à 3,5% contre une fourchette de 3,0% à 3,8% il y a trois mois.

"Au vu des maigres résultats des quatre dernières années en matière de soutien à la croissance économique via des achats d'actifs, la Fed se retrouve dans une impasse, incapable d'améliorer la situation économique tout en craignant de modérer ses politiques de soutien de peur d'un effondrement économique", constate Joseph Trevisani (Worldwide Markets).

Les avertissements de Bernanke sur le mur budgétaire

Le président de la banque centrale américaine , Ben Bernanke, a exhorté mercredi les élus américains à parvenir "rapidement" à un accord permettant de rééquilibrer le budget des Etats-Unis sans menacer la reprise économique.

Il a rappelé que la Fed ne pouvait "pas compenser" tous les effets économiques du "mur budgétaire", la cure de rigueur que le pays risque de s'imposer à lui-même à partir de début janvier faute d'un accord exprès entre le gouvernement et le Congrès pour l'éviter.

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