Nouveau coup dur pour l'emploi aux USA

Le marché de l'emploi s'est détérioré fortement en septembre aux Etats-Unis, selon des chiffres officiels publiés vendredi à Washington, à moins d'un mois des élections législatives.

Le pays a perdu des emplois pour le quatrième mois d'affilée, et à un rythme bien plus rapide que le mois précédent, indique le rapport mensuel sur l'emploi du département du Travail. L'économie a détruit en septembre 95.000 emplois de plus qu'elle n'en créait, indique le ministère, ce qui traduit une progression des emplois perdus de 67% par rapport à août.

"Le chiffre de l'emploi d'aujourd'hui est un nouveau clou dans le cercueil de l'économie et mon opinion est que l'assouplissement quantitatif va être rétabli à la réunion du FOMC de novembre", a précisé Thomas DI GALOMA, directeur du trading fixed income rates, Guggenheim Securities.

Les destructions d'emplois à l'échelle du pays ont résulté avant tout du secteur public, qui a supprimé 159.000 emplois. "Nous perdons toujours des emplois publics, au niveau fédéral, régional et local. C'est un fardeau pour l'emploi. Environ la moitié des emplois publics perdus concerne les échelons régionaux et locaux et il ne s'agissait pas d'intérimaires pour le recensement. Les finances dégradées de certains Etats commencent à se répercuter sur l'emploi", explique Gary Thayer, analyste macro, Wells Fargo Advisors.

Comme les mois précédents, l'Etat a mis fin aux contrats d'un grand nombre de personnes embauchées temporairement pour le recensement décennal. Cela a touché encore 77.000 personnes en septembre, et ne pourra plus concerner au maximum que 6.000 Américains dans les mois à venir, indique le ministère.

Plus inquiétantes pour la suite sont les 76.000 suppressions nettes de postes apparues dans les administrations des Etats fédérés et dans les collectivités locales: face à des contraintes budgétaires considérables, celles-ci licencient désormais à tour de bras.

Le secteur privé, vers lequel se porte tous les espoirs, a continué d'embaucher, mais moins rapidement que les mois précédents. Le solde net des créations d'emplois n'y a été que de 64.000, soit moins que les 74.000 attendus par les analystes, et 31% de moins qu'en août, qui avait déjà marqué une baisse par rapport à juillet.

Malgré les destructions de postes, le taux de chômage est resté stable à 9,6%, indique le ministère, alors que les analystes prévoyaient qu'il remonterait à 9,7%.

C'est un bien piètre réconfort: les chiffres du ministère témoignent d'un bond de 0,4 point du chômage "réel", à 17,1%. Ce chiffre tient compte des chômeurs dits "découragés", et d'autres catégories de personnes qui ne sont pas comptabilisés dans la population active, ainsi que de celles qui travaillent à temps partiel alors qu'elle souhaitent un temps plein. Avec septembre, le chômage officiel a été supérieur ou égal à 9,4% pendant 17 mois consécutifs, ce qui ne s'est jamais vu depuis 1948 au moins.

De plus, le chômage reste très proche de son plus haut niveau en une génération et, selon une étude publiée fin septembre par des économistes de la banque centrale (Fed), il risque de monter encore pendant tout le premier semestre de 2011, jusqu'à 10,3%, soit au-dessus de son point haut touché il y a un an (10,1%).

Le chômage de longue durée (plus de six mois), dont la généralisation inquiète les dirigeants de la banque centrale (Fed), touchait encore 41,7% des chômeurs fin septembre, selon le ministère.

Le rapport indique par ailleurs que le salaire hebdomadaire moyen est resté stable en août, du fait d'une stabilité des des heures travaillées (à 33,5 heures par semaine en moyenne) et du salaire horaire moyen.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés