Obama aux avant-postes pour limiter la défaite

A 48 heures des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le président Barack Obama et les démocrates redoublaient dimanche d'efforts pour mobiliser les électeurs et tenter de faire mentir les sondages qui prédisent une victoire des républicains.

Cinq Etats parcourus en l'espace d'un week-end, des discours volontaires devant des milliers de personnes: Barack Obama a tenté de ranimer la flamme de la campagne présidentielle 2008 qui l'avait porté jusqu'à la Maison Blanche.

Le président américain a d'ailleurs lui-même fait le parallèle samedi devant 35.000 personnes à Chicago, son fief: "si tous ceux qui ont combattu pour le changement en 2008 viennent voter en 2010, nous allons gagner cette élection".

Sur le même ton, M. Obama a affiché son optimisme dimanche. "Il y a beaucoup d'enthousiasme" chez les démocrates, a-t-il assuré, reconnaissant que "ce sont des élections serrées".

Dans l'Etat-clé de l'Ohio (centre), il s'en est pris à la "suffisance" des dirigeants républicains qui lui ont refusé toute coopération depuis deux ans.

S'adressant lors d'un ultime meeting, avec son vice-président Joe Biden, à quelque 8.000 partisans à l'université de Cleveland, M. Obama a à nouveau déploré l'intransigeance de l'opposition malgré la gravité de la crise qui a détruit quelque huit millions d'emplois depuis 2008.

Il visait notamment le chef de la minorité à la Chambre des représentants, John Boehner, qui devrait devenir président de la Chambre et donc le troisième personnage de l'Etat si les républicains raflent la majorité dans cette assemblée.

L'enjeu est de taille pour le président américain dont l'ambition de réforme pourrait pâtir d'une victoire des républicains à l'issue du scrutin de mardi.

Invariablement depuis quelques semaines, les sondages promettent aux républicains des gains substantiels en sièges aux deux chambres du Congrès et une prise de contrôle quasi certaine de la Chambre des représentants.

Dimanche, une nouvelle enquête publiée par la chaîne de télévision d'informations CNN soulignait que le parti d'opposition creusait son avance, avec 52% des intentions de vote contre 42% pour les démocrates, soit trois points de mieux que début octobre.

Portés disparus ou presque après la victoire historique de Barack Obama à la présidentielle, les républicains sont en passe de remporter une bataille dont ils espèrent qu'elle constituera le canevas de la reconquête de la Maison Blanche en 2012.

"Nous étions un parti en dehors du pouvoir. Un parti qui, sur les couvertures des magazines, était classé dans le rayon des espèces en voie de disparition", a déclaré dimanche le chef du parti républicain Michael Steele sur CNN.

"Nous nous sommes battus pour arriver jusqu'ici, a-t-il ajouté. C'est pourquoi la soirée (de victoire) que nous anticipons mardi n'est pas un don du ciel. Cela découle directement du travail de fond de nos candidats et de leur investissement auprès des gens".

Quelle que soit l'ampleur de leur éventuelle victoire, les républicains devront peut être composer avec le Tea Party, un mouvement politique ultra-conservateur né en 2009 et qui s'inspire des révoltés américains de 1773, mécontents des impôts de l'Empire britannique sur le thé.

Côté démocrates, certains ténors du parti reconnaissaient dimanche que la bataille sera rude face aux républicains, renforcés par le taux de chômage élevé aux Etats-Unis et la reprise encore timide.

"Nous allons perdre des sièges au Sénat et à la Chambre", a déclaré sur CNN le sénateur américain Richard Durbin, numéro deux de la majorité démocrate. "C'est ce qui arrive traditionnellement (...) les élections de mi-mandat ne sont jamais tendres avec le parti du président en exercice".

Pas question néanmoins de remettre en cause le travail accompli pendant deux ans et les réformes emblématiques de Wall Street ou de la couverture maladie: "Je ne crois pas que nous ayons sous-estimé (l'anxiété des Américains)", a-t-il assuré.

Lassées du sempiternel affrontement entre les deux partis, préoccupées par l'émergence du Tea Party, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies samedi à Washington, lors d'une manifestation aux airs de fête destinée à remettre un peu de "bon sens" dans le débat politique.

 

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