On s'approche d'un accord entre les Etats-Unis et la Chine

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Les Etats-Unis et la Chine ont entamé mercredi à Washington leur neuvième round de discussions commerciales. Et apparemment, les choses avancent.

Selon la presse américaine, la Chine se serait notamment engagée à augmenter substantiellement ses importations de marchandises d’ici 2025. D’autres engagements auraient été faits, au point où une date pour un prochain sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping pourrait être très prochainement annoncée. En attendant, Trump recevra Liu He, le négociateur en chef chinois à la Maison-Blanche ce jeudi, dans l’après-midi (vers 20h30, heure belge).

90% de l'accord est bouclé, mais les 10% restants sont les plus difficiles.
Myron Brilliant
Vice-président de la Chambre de commerce américaine.

Mercredi, Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison-Blanche, a affirmé qu’il y avait "des progrès partout" et que les deux parties espéraient "approcher cette semaine" d’un accord. D’après le vice-président de la Chambre de commerce américaine Myron Brilliant, "90% de l’accord est bouclé, mais les 10% restants sont les plus difficiles".

Les avancées

Sur quoi les Chinois et les Américains seraient-ils dès lors tombés d’accord? D’après l’agence Bloomberg, Pékin se serait engagé à augmenter ses importations de marchandises américaines (dont du soja et du gaz naturel liquéfié) d’ici 2025. De premières échéances intermédiaires, auxquelles les Chinois devraient commencer à accroître leurs achats, seraient fixées à 90 et 180 jours après sa signature.

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En mettant ainsi la pression pour obtenir au plus vite de premiers résultats concrets en termes d’augmentation des exportations américaines vers la Chine, notamment dans le secteur agricole, les intentions de la Maison-Blanche sont claires: montrer à l’électorat américain que Trump a rempli ses promesses en vue de la présidentielle de 2020.  

Les Chinois auraient également accepté l’idée que des entreprises américaines puissent détenir à 100% des sociétés chinoises, toujours à horizon 2025. En d’autres termes, il ne faudrait plus que les Américains passent par des joint-ventures avec des entreprises chinoises pour pouvoir s’implanter en Chine. Reste à voir quels secteurs seraient concernés, en sachant que la Chine a jusqu’à présent complètement fermé la porte aux entreprises étrangères dans toute une série de domaines stratégiques (dont les médias).

Washington et Pékin auraient encore avancé dans d’autres points de discussions, où les Chinois auraient jusqu’à 2029 pour se plier à des engagements qui ne seraient, cette fois, pas contraignants. Mais rien n’a filtré jusqu’à présent sur le contenu de ces engagements-là.

Les points d'achoppement

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Plusieurs pierres d’achoppement persistent, comme le dossier du transfert de technologies auxquelles les entreprises étrangères doivent se plier si elles veulent s’implanter en Chine. Mais surtout, les deux parties ne seraient pas encore parvenues à s'entendre au sujet du mécanisme d’application de l’accord (et, donc, des mesures que pourraient prendre les Etats-Unis s’ils estimaient que la Chine ne respecte pas ses promesses).

Afin de maintenir une certaine pression sur Pékin, la Maison-Blanche souhaiterait d’ailleurs maintenir en place une partie de son arsenal tarifaire (les Etats-Unis ont jusqu’à présent ciblé pour 250 milliards de dollars de biens en provenance de Chine, tandis que les Chinois ont répliqué en relevant leurs droits de douane sur 110 milliards de dollars de marchandises américaines). Des droits de 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises chinoises seraient envisagés. Et en cas de non-respect de l’accord, Les Etats-Unis auraient le droit de prendre des mesures unilatérales de représailles. Côté Chinois, ça coince.  

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