Ouverture à San Francisco d'un sommet pour secouer le cocotier climatique

Les émissions mondiales de CO2 liées à la production d’énergie ont atteint un nouveau record historique en 2017. ©BLOOMBERG NEWS

Un Sommet mondial pour l’action climatique visant à relancer la dynamique de l’accord de Paris s’ouvre ce mercredi à San Francisco. Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, et le maire de San Francisco, London Breed, vont en profiter pour rappeler que certains, aux Etats-Unis, poursuivent des politiques climatiques ambitieuses malgré les décisions du président Trump en la matière.

C’est ce mercredi que s’ouvre à San Francisco le Sommet mondial pour l’action climatique, à l’invitation du gouverneur démocrate de Californie, Jerry Brown. Tout un symbole vu les politiques climatiques et énergétiques du président Trump et au moment où l’ouragan Florence tient le sud-est des Etats-Unis en état d’alerte.

L’objectif de ce grand rendez-vous qui rassemble jusqu’à vendredi plusieurs centaines de responsables gouvernementaux et locaux, de scientifiques, d’ONG, d’investisseurs et d’entreprises du monde entier: relancer la dynamique qui avait permis d’aboutir à la signature de l’accord de Paris sur le climat en 2015 et qui semble s’être essoufflée dans certains des 197 pays signataires.

Sur la mauvaise voie

Le temps presse, en effet. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les émissions mondiales de CO2 liées à la production d’énergie ont en effet atteint un nouveau record historique en 2017 (après avoir stagné les trois années précédentes) alors que la demande mondiale d’énergies s’affichait en hausse de 2,1%. D’après l’AIE, les économies asiatiques seraient responsables de 2/3 de la hausse observée l’an passé.

32,5 gigatonnes
Les émissions mondiales de CO2 dans le secteur de l’énergie ont encore augmenté de 1,4% en 2017 (après trois années de stagnation), pour atteindre le record historique de 32,5 gigatonnes, selon l’AIE.

Lundi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierrez, tirait d’ailleurs la sonnette d’alarme en évoquant les "conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels" si le monde ne changeait "pas d’orientation d’ici 2020". Et le Portugais d’ajouter: "Nous manquons, même après l’accord de Paris, de leadership et d’ambition pour faire ce que nous devons faire".

C’est précisément pour relancer la machine, donc, que Brown a organisé le sommet de San Francisco qu’il coprésidera avec Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, Patricia Espinoza, la Secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CNUCCC), ou encore Xie Zhenhua, le représentant chinois pour les questions climatiques.

Engagement californien

L’engagement du gouverneur de Californie ne date pas d’hier. Ni celui de son État, cinquième économie mondiale, qui affiche à son actif les politiques climatiques les plus ambitieuses du pays depuis plus d’une dizaine d’années. Et la décision du président Trump de sortir les Etats-unis de l’accord de Paris (qui ne sera effective qu’en 2020) n’a fait que renforcer les convictions de Brown.

Il y a un an, le Parlement de Californie votait sous son impulsion une loi prolongeant jusqu’en 2030 le système californien d’échanges de quotas de CO2 et un autre texte prévoyant de réduire les émissions de carbone de l’État de 40% d’ici 2030, soit un objectif plus ambitieux que celui qui avait été fixé par le président Obama. Lundi, nouveau coup de théâtre: Brown annonçait que la Californie s’engageait à produire 100% de son électricité à partir d’énergies propres d’ici 2045 (contre 44% à l’heure actuelle).

L’objectif sera difficile à atteindre. D’après l’ONG américaine Clean Air Task Force, il faudrait que l’État installe 200 fois plus de capacités de stockage d’énergie verte pour y arriver. Sans oublier que, parallèlement à tous les efforts entrepris par la Californie pour limiter son empreinte carbone, le "golden state" reste l’un des plus gros États producteurs de pétrole du pays.

Qu’à cela ne tienne, Brown ne boudera pas son plaisir ce mercredi en évoquant les efforts entrepris par son État au moment où le président Trump veut relancer la filière charbon.

Il ne sera pas le seul à vouloir démontrer au monde que les politiques climatiques et énergétiques américaines ne se résument pas à ce qui se fait au niveau de l’administration Trump. London Breed, le maire de San Francisco, entend également annoncer à l’occasion du Sommet mondial pour l’action climatique que sa ville compte serrer la vis en matière d’émissions de CO2 afin d’atteindre un objectif "zéro carbone" à partir de 2050. Parmi les mesures envisagées, l’obligation pour tout nouvel immeuble construit à partir de 2030 d’avoir une empreinte CO2 neutre.

À eux seuls, les villes, les États et les autres acteurs économiques américains ne pourront pas gommer les politiques de Trump. Mais ils pourraient limiter les dégâts. D’après une récente étude de l’université de Yale, de l’agence d’évaluation environnementale des Pays-Bas (PBL) et du NewClimate Institute (basé à Cologne), si toutes les villes, régions et entreprises atteignaient les objectifs de réduction des émissions de CO2 qu’elles se sont fixés ces dernières années, elles réaliseraient en effet la moitié des efforts nécessaires pour que les Etats-Unis atteignent les objectifs fixés par l’administration Obama dans le cadre de l’accord de Paris.

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