Powell ignore Trump sur la hausse des taux

©AFP

Quelques jours après les critiques du président américain Donald Trump contre la poursuite du resserrement monétaire aux Etats-Unis, Jerome Powell, président de la Fed, a pris la parole... prudemment. Compte rendu.

Jerome Powell, le président de la Fed, s'est exprimé ce vendredi à l'occasion du symposium de Jackson Hole qui réunit chaque année dans le Wyoming les grands argentiers mondiaux.

1. L'inflation

D'emblée, le président de la Banque centrale américaine a affirmé que la Fed "ferait tout ce qui est en son pouvoir" pour réagir à une éventuelle hausse de l'inflation ou une crise.

"Si la robuste croissance des revenus et de l'emploi se poursuit, de nouveaux relèvements progressifs de la fourchette d'objectifs pour le taux des fonds fédéraux seront probablement appropriés."
Jerome Powell
Président de la Fed

 

2. Powell vs Trump

Le patron de la Fed, critiqué par le président Donald Trump pour la montée des taux, a aussi assuré que le Comité monétaire de la Fed prendrait ses responsabilités si l'inflation devait grimper, tout en indiquant que, pour l'instant, l'économie n'était pas en surchauffe.  

Dans un discours très académique, Powell ne s'est donc pas réfèré à la critique du président Trump.

3. "Bonne nouvelle"

Bien que la croissance ait grimpé à 4,1% au 2e trimestre en rythme annualisé et que le taux de chômage soit à 3,9%, proche de son plus bas niveau "en 20 ans", l'économie ne "présente pas de risque élevé de surchauffe", a-t-il affirmé. Et "c'est une bonne nouvelle!".

Dans son discours, Powell a fait de longues digressions historiques sur la conduite passée de la politique monétaire et en a retenu quelques leçons qu'il a partagées. Il a ainsi défendu les bienfaits d'une approche plus opportuniste, empruntée à son illustre prédécesseur Alan Greenspan, qui consiste à "attendre encore le prochain meeting". Peut-être une façon de laisser entendre que le Comité monétaire (FOMC) saura adapter son attitude aux données économiques à court terme.

Le patron de la Fed a par ailleurs reconnu une nouvelle fois que les salaires n'avaient "augmenté que très lentement au cours des dernières décennies". 

4. Les tarifs douaniers

Il est resté muet sur l'impact négatif potentiellement important que peut avoir une escalade des tarifs douaniers notamment avec la Chine, une crainte de plus en plus palpable parmi les industriels et entrepreneurs américains.

Mais il a appelé à réduire le déficit budgétaire, une nécessité "qui devient de plus en plus importante", alors que les réductions d'impôts aux entreprises et les hausses de dépenses dans l'armement notamment vont creuser le déficit fédéral des Etats-Unis à plus de 800 milliards de dollars cette année, soit 4,2% du PIB.

5. Réactions des marchés

Les propos de Jerome Powell ont eu un net effet sur le dollar , qui a creusé ses pertes pour céder jusqu'à près de 0,7% face à un panier de devises de référence.


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