Que se passe-t-il en Iran?

Manifestation d'étudiants à Téhéran ce samedi. ©EPA

L'Iran connaît de nouvelles manifestations contre le pouvoir. Quatre personnes ont été tuées, des dizaines arrêtées et des bâtiments publics attaqués. Il s'agit des plus importantes manifestations depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qui avait été violemment réprimé. Mais désormais, les racines de la colère sont avant tout économiques et sociales.

Les autorités iraniennes durcissent le ton face aux manifestants qui protestent depuis jeudi contre la vie chère et le gouvernement en Iran.  Téhéran signale qu'ils seront sévèrement punis en cas d'infraction à la loi. On assiste actuellement à une contestation sans précédent depuis la grande vague de manifestations contre la réélection de l'ultra conservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009. 

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Le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a adressé une mise en garde aux manifestants, diffusée par les médias officiels:

"Ceux qui endommagent les biens publics, enfreignent la loi et créent des troubles sont responsables de leurs actes et devront en payer le prix."

Des banques et des bâtiments publics ont été pris pourcibles et une moto de la police a été incendiée lors des manifestations qui ont débuté jeudi à Mashhad, deuxième ville du pays, avant de s'étendre à de nombreuses autres villes, dont Téhéran. Le nombre des manifestants est resté limité à plusieurs centaines, mais c'est la première fois depuis 2009 qu'autant de villes iraniennes ont été touchées par de telles manifestations.

Deux manifestants ont été tués par balles samedi soir à Doroud, dans l'ouest du pays. Des manifestations sporadiques teintées de violences ont encore eu lieu dimanche soir dans plusieurs villes et deux autres manifestants ont été tués.

 

 

Ces manifestations ne sont que "le début d'un grand mouvement" qui pourrait prendre plus d'ampleur que celui de 2009, estime l'avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix. Celle qui vit en exil à Londres a accordé une interview  au journal italien La Repubblica:

"Je crois que les manifestations ne vont pas finir de sitôt. Il me semble que nous assistons au début d'un grand mouvement de protestation qui peut aller bien au-delà de la vague verte de 2009. Cela ne m'étonnerait pas que cela devienne quelque chose de plus grand."  

L'accès  aux réseaux sociaux Telegram et Instagram sur les téléphones portables a été de nouveau restreint dimanche après-midi. Les autorités accusent des groupes "contre-révolutionnaires" basés à l'étranger d'utiliser les réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d'armes à feu.

Le président américain Donald Trump a réitéré samedi ses avertissements en direction du pouvoir iranien, déclarant que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais".

"Le monde entier comprend que le bon peuple d'Iran veut un changement, et qu'à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus."Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix." Le président américain a ajouté dans un deuxième tweet: "Le monde regarde!".

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