Quel bilan économique pour Trump après un an?

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Donald Trump s'enorgueillit des bons chiffres de l'économie américaine. Si on ne peut pas lui en retirer le constat, on peut tout de même remettre en contexte les raisons de ces évolutions positives.

Il faut bien l’admettre, ce sont de plutôt bonnes statistiques américaines qui ont marqué la fin de cette première année de présidence Trump. Le PIB a grimpé de 3,2% au troisième trimestre 2017, après avoir déjà augmenté de 3,1% les trois mois précédents. Cela faisait trois ans que les Etats-Unis n’avaient plus connu deux croissances trimestrielles supérieures à 3% successives. Pas moins de 2 millions d’emplois ont été créés l’an passé tandis que le taux de chômage se situe à un niveau que l’on n’avait plus connu depuis le début des années 2000 (4,1% en décembre). La Réserve fédérale américaine s’attend à ce que le taux de chômage continue à diminuer cette année pour tomber à 3,9%, un taux proche du plein-emploi.

Cependant, lorsque l’on gratte un peu la surface, la situation est moins idyllique qu’il n’y parait. Le président Obama avait fait mieux en termes de création d’emploi au cours de la dernière année de son second mandat (+ 2,24 millions d’emplois). Par ailleurs, près de 5 millions de travailleurs américains sont cantonnés à des emplois à temps partiel, alors qu’ils souhaiteraient travailler à plein-temps. Enfin, dans son dernier Livre beige publié le 17 janvier, la Fed relève que les salaires n’ont augmenté qu’à "un rythme modeste" dans la plupart des régions du pays.

Puis, qu’il s’agisse des chiffres de l’emploi ou de ceux de la croissance économique, l’histoire a démontré qu’ils sont rarement le reflet instantané d’actions politiques, et bien plus souvent celui de cycles économiques s’inscrivant dans des contextes globaux. Or, la croissance économique mondiale s’est accélérée l’an passé et Trump n’a rien à voir là-dedans. Et pour ce qui est de l’impact futur des baisses d’impôts adoptées en décembre, les économistes s’accordent surtout pour dire qu’elles gonfleront le déficit budgétaire américain. Leur impact sur la croissance économique reste plus incertain.

Qu’à cela ne tienne, les bourses américaines ont cartonné au cours de l’année écoulée. Le Dow Jones a passé le cap des 26.000 points pour la première fois de son histoire et l’indice S&P 500 a bondi de plus de 20% sur un an. Trump est aux anges. Ces chiffres sont la preuve, selon lui, du fait que sa politique fonctionnent. "Il y avait ceux qui disaient qu’on ne dépasserait pas les 25.000 (points) d’ici la fin de la huitième année (de ma présidence), et nous n’en sommes qu’au onzième mois", se vantait-il au début du mois, lorsque le Dow Jones avait franchi la barre des 25.000 points. Et le président d’ajouter que le nouveau seuil à franchir serait celui des 30.000 points.

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