Quelle sera la stratégie de l'Amérique de Biden face au monde?

Antony Blinken, Secrétaire d'État désigné de l'administration Biden. ©REUTERS

Antony Blinken, choisi par Joe Biden pour devenir le chef de la diplomatie américaine, a expliqué devant le Sénat la position qu'adopteront désormais les États-Unis face à la Chine, la Russie, la Corée du Nord, l'Iran...

Le futur chef de la diplomatie américaine passait son audition devant le Sénat mardi. Chine, Corée du Nord, Israël, Afghanistan, Iran... Les très gros dossiers s'accumulent déjà sur sa table de travail et plusieurs demandent examen et décisions rapides. Il a notamment promis de rompre avec quatre années d'unilatéralisme, en "revigorant" les alliances mises à mal sous Donald Trump.

Mais Antony Blinken a assuré que Donald Trump avait eu raison d'adopter une approche plus sévère à l'égard de la Chine, sans valider toutes les méthodes du président sortant. "Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine" : la superpuissance rivale est décrite comme le pays qui pose à l'Amérique "le défi le plus important". Blinken a dit approuver la position de l'administration sortante sur le Xinjiang, où Washington accuse Pékin de commettre un génocide contre les Ouïghours.

La gestion du conflit israélo-palestinien

Le prochain secrétaire d'État a expliqué que Joe Biden estimait que la seule issue viable au conflit israélo-palestinien était "la solution à deux États", mais, une telle solution n'étant pas "réaliste" à "court terme", le nouveau président ne reviendrait pas sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël. Antony Blinken a appelé Israéliens et Palestiniens à "éviter des mesures unilatérales qui rendent cela encore plus complexe". Il a aussi assuré que "l'engagement" du futur gouvernement américain "en faveur de la sécurité d'Israël" était "sacro-saint".

"Nous voulons être sûrs que quoi que nous fassions, nous avons un œil sur l'aspect humanitaire de l'équation, pas seulement sur l'aspect sécuritaire."
Anthony Blinken
Secrétaire d'Etat désigné de l'administration Biden

Selon Blinken, l'administration Biden prévoit d'examiner la position des États-Unis à l'égard de la Corée du Nord, en cherchant des moyens d'accentuer la pression pour que Pyongyang revienne à la table des négociations à propos de son programme nucléaire. "Nous voulons être sûrs que quoi que nous fassions, nous avons un œil sur l'aspect humanitaire de l'équation, pas seulement sur l'aspect sécuritaire", a-t-il expliqué.

Nucléaire iranien et traité avec la Russie

Concernant Téhéran, les États-Unis ne sont pas confrontés à la nécessité d'une décision rapide sur l'hypothèse de revenir ou non dans le cadre de l'accord sur le nucléaire iranien abandonné par Donald Trump, a estimé Antony Blinken. Pour lui, l'objectif ultime de Biden est d'avoir un accord qui encadrerait aussi le programme balistique de l'Iran et le soutien apporté par Téhéran aux différentes milices chiites dans la région.

"Nous avons un accord qui expire dans seulement 16 jours."
Anthony Blinken
Secrétaire d'Etat désigné de l'administration Biden

Les États-Unis vont tenter de négocier avec la Russie une prolongation du traité-clé de désarmement de leurs arsenaux nucléaires "New Start". "C'est une question que le Président élu va devoir affronter presque immédiatement après sa prise de fonctions" mercredi, car "nous avons un accord qui expire dans seulement 16 jours". Blinken ne s'est pas prononcé sur la durée d'une telle prolongation, qui sera l'un des premiers tests diplomatiques de la nouvelle présidence.

L'homme a aussi annoncé son intention de réexaminer l'accord signé en février par les États-Unis et les talibans, affirmant vouloir maintenir en Afghanistan des moyens de lutte contre le terrorisme. "Nous voulons la fin de cette guerre éternelle, nous voulons ramener nos forces à la maison."

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